En plus de la baisse généralisée des budgets de la culture de l’État de moins 4,6 % – donc moins d’argent pour les structures décentralisées comme les DRAC (direction régionale des affaires culturelle) – s’ajoute la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales.
Côté Région Occitanie c’est du -9,2 % pour la culture ; quant aux Départements si dans l’Aude on l’estime à -8%, dans l’Hérault on est à du – 48% !!
Au festival d’Avignon cette année la mobilisation du monde culturel a été forte contre la décision budgétaire de l’État qui a fait l’effet d’une bombe. Les directions des « grands » établissements culturels ont publié une tribune où ils dénoncent un «mur budgétaire historique», un «arbitrage brutal et sans concertation».
La ministre de la Culture, Catherine Pégard a assuré qu’il n’était pas tout à fait question d’annuler les financements mais plutôt de les reporter, tout en reconnaissant que les crédits restaient «soumis à arbitrage».
Les effets ne se sont pas fait attendre : moins de spectacles produits, de coproductions, de résidences d’artistes, de tournées ou d’actions d’éducation artistique. C’est aussi toute l’irrigation d’un écosystème de compagnies indépendantes, de lieux de diffusion et de festivals qui est touché.
En Occitanie, une première vague de restrictions a été décidé en 2025. La Région a adopté pour 2026 un budget culturel réduit à 63 millions d’euros au moment même où l’État réduit lui aussi son intervention.
Dans l’Hérault le Département, par un message laconique sur son site, a arrêté le prêt gratuit de son service Hérault Matériel Scénique (HMS) qui était utile à des centaines d’associations, un service qu’utilisaient pour beaucoup de petites structures en milieu rural.
Parmi les victimes il y a les intermittents du spectacle qui bénéficient d’un régime d’assurance-chômage unique, et courent après le nombre d’heures nécessaires pour le garder. Statut par ailleurs régulièrement menacé. Le manque d’argent des structures qui les emploient ont des conséquences immédiates.
1 intermittent sur 3 serait touché. Ironie du sort, ils se retournent vers le RSA, qui est géré par le Département.
Certains élu-es qui ont décidé de soutenir la culture, trouvent des moyens pour soulager les budgets des associations : prêt de matériel, salles gratuites… et pour s’en sortir les lieux de diffusion se tournent vers le bénévolat.
Une situation d’autant plus angoissante que la culture est sous une autre menace suite à l’arrivée de maires d’extrême droite et – ne le souhaitons pas – du Rassemblement national au pouvoir qui a, lui aussi, le spectacle vivant dans son viseur.
Le vendredi 9 octobre, à la Panacée de Montpellier, le site d’informations culturelles Lokko propose un rendez-vous pour examiner les entraves à la liberté de création, et les ripostes existantes ou à inventer contre cette situation. Artistes, élus, experts, universitaires… débattront de 17h à 21h.
Pendant ce temps, à Béziers, la culture se limite à des animations grotesques et vulgaires, et à restreindre le droit d’expression de lieux culturels associatifs comme Le Barnabu.






















