On sait comment fonctionne l’extrême libéralisme, il cherche à accéder au pouvoir même avec une majorité relative pour ensuite enclencher le rouleau compresseur qui va écraser les acquis et les luttes avec le soutien de son appareil répressif.

On sait comment fonctionne l’extrême droite, elle cherche à accéder au pouvoir légalement (ou pas) pour ensuite changer la loi, la constitution, briser les syndicats et les partis afin d’instaurer un nouvel ordre.

Le 24 avril 2022, au deuxième tour de l’élection présidentielle, le danger néo fasciste du RN a été pour un temps écarté.

L’extrême libéralisme est reconduit, mais il est affaibli par l’abstention, les votes blanc et nuls, par ceux qui se sont servis du bulletin Macron pour voter contre Le Pen, par les millions de suffrages en moins par rapport à l’élection de 2017.

Dans le paysage de l’après présidentielle, trois blocs ressortent et sont d’ores et déjà en concurrence.

Le bloc libéral a gagné la présidentielle, mais il doit poursuivre la recomposition de la droite en absorbant le centre droit et la droite LR, ce qui est loin d’être finalisé dans la perspective des législatives de juin 2022.

Le bloc d’extrême droite a augmenté en pourcentages et en suffrages, mais reste fractionné en plusieurs composantes, pour le moment concurrentes.

Avec un coup d’avance sur ses concurrents, la proposition d’un bloc des gauches lancée au soir du premier tour par le candidat de l’union populaire au PCF, à EELV et au NPA a fait son chemin. Elle est aujourd’hui reprise par la quasi-totalité des partis de gauche.

Il faudra bien sûr finaliser un programme d'urgence sociale, économique, écologique en rupture avec le capitalisme.

Il faudra bien sûr trouver un mode de fonctionnement qui préserve l’autonomie des partis et garantit le positionnement commun.

Il faudra bien sûr trouver des clefs de répartition entre les circonscriptions.

Mais à la différence de 2017, la nécessité de la proposition fait consensus à gauche.

Pour les élections législatives de juin prochain, le bloc de gauche peut donc se retrouver en ordre de bataille avant le bloc libéral et d’extrême droite.

Si tel est le cas, ce serait un énorme avantage :

- Pour battre dans les urnes Macron et Le Pen.

- Pour s’opposer à l’Assemblée au rouleau compresseur libéral.

- Pour regagner à gauche les électeurs qui se sont fourvoyés dans le ripolinage du RN.

- Pour soutenir les luttes à venir contre la casse sociale et pour l’environnement.

L’union des gauches sortirait ainsi enfin de l’impuissance, reprendrait la bataille des idées, et répondrait au défi historique écologique et social auquel nous sommes confrontés.