Édito – Au nom de quel Dieu ?

par | 2 mars 2025 | Edito

Un programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est en concertation dans le monde de l’éducation depuis plusieurs mois. L’enseignement catholique  « partage les ambitions de la démarche notamment sur le respect du corps, de l’intimité, de l’indispensable éducation au consentement et de la promotion de l’égalité entre filles et garçons« . Mais il réclame tout de même  un programme « profondément remanié« . Par contre, ce même enseignement catholique, à travers ses écoles privées sous contrat, applique sur le plan de la sexualité un tout autre programme, moins présentable, celui de la violence physique et du viol.

Par quels miracles les plus incroyables et les plus monstrueux comportements ont-ils pu se produire  dans des établissements scolaires gérés par les apôtres de la morale et les chantres de la vertu. Comment  ont-ils pu ignorer le sort que réservent les adultes responsables à l’égard de beaucoup trop d’élèves ? On parle évidemment d’exceptions. Non ! Depuis des années les religieux catholiques sont éclaboussés  par des scandales sexuels  qui devraient rendre inaudibles tous leurs discours ultra conservateurs sur les questions de genre et de sexualité. Il est vrai que l’épiscopat français a reconnu le caractère systémique des violences sexuelles dans l’Eglise catholique.

Si on parle aujourd’hui de Notre-Dame de Bétharram, de Notre-Dame de Garaison ou encore de  Notre Dame du Sacré Cœur, la liste est longue des dérives sexuelles perpétrées par des prêtres ou des religieux,  dans des établissements scolaires ou bien ailleurs.

En octobre 2021, une « estimation minimale » de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, donne 2,5 % à 2,8 % de prêtres et religieux ayant commis des agressions sexuelles ou des viols sur environ 216 000 victimes, majeures et vivantes. En incluant les agresseurs laïcs, le nombre de victimes est évalué à plus de 330 000. Le rapport évalue « entre 2 900 et 3 200 » le nombre de pédo-criminels au sein de l’Église catholique en France depuis 1950.

Certes, François Bayrou semble éclaboussé par cette dernière révélation. En tant que Maire de Pau, président du Conseil Départemental de l’époque et Ministre de l’Education Nationale, il ne pouvait pas ne pas être au courant d’autant plus que sa propre épouse était professeur de « catéchisme » (payée par l’État ?). Mais comme les 3 singes de la sagesse, notre illuminé du Béarn n’a rien entendu, rien vu, donc n’a rien à dire !

Le vrai problème, c’est ce catholicisme rétrograde et son dogme immuable et pervers, qui se protège, enfermé dans sa bulle de survie défendant l’indéfendable. Comment et dans quels sens  souhaitent-ils voir le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle  « profondément remanié » ? On s’inquiète !

 Le retour au religieux partout dans le monde devrait nous inquiéter. Les libertés individuelles, le respect des personnes et leur émancipation n’a jamais figuré au programme de ces manipulateurs professionnels,  apologistes de la soumission et de ces exploiteurs du mal-être dans un monde qui interroge, inquiète et effraie.

C’est au nom de quel Dieu déjà ?

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

CEUTA  

La plupart des 50 000 personnes entrées jeudi 30 juillet dans l’enclave espagnole au Maroc, après la rumeur manipulée d'une ouverture de la frontière, sont déjà reparties... mais l'image est faite. Il est pour l'instant fort probable que le Maroc ait laissé passer ces...

À Marseille, une école du feu contre les incendies

À Marseille, quelques mois après un incendie qui a ravagé le nord de la ville, un groupe d’habitants s’organise au sein de l’École du feu. Cette initiative vise à faire connaître les bons gestes, avant et pendant le sinistre. « Le feu est passé et il repassera....

« Féminins pluriels »

Féminins pluriels au Festival du Monde : trois jours pour débattre, créer et partagerPour cette douzième édition qui aura lieu du 18 au 20 septembre, « Le Monde » ouvre les portes de sa rédaction et met en avant des femmes inspirantes à travers des débats,...

Les Fourmilières

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Festival Les Fourmilières : une centaine de collectifs et cinq départements à ce jour (Hérault, Gard, Aveyron, Aude, Lozère) rassemblés autour de nombreux événements solidaires et antifascistes du 25 septembre au 11 octobre 2026. Les Fourmilières...

Au bout du fil de la presse libre

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1111463
Total Users : 1111463

jeudi 6 août 2026, 17:13

La Rédaction