Le « non » au projet de réforme judiciaire de la Première ministre, G. Meloni, n’est pas qu’un simple désaveu. C’est une gifle magistrale infligée aux néo-fascistes italiens.
Nous savons par expérience que tôt ou tard les néo-fascistes s’attaquent à la justice et à la constitution. C’est un acte fondateur des fascismes en gestation.
Le référendum des 22 et 23 mars dernier en Italie était une de ces attaques, son résultat n’en est que plus important.
Les chiffres du référendum parlent d’eux-mêmes : 53,39 % pour le « non », 46,61 % pour le « oui ».
Au total, 14,5 millions d’Italiens ont envoyé Meloni dans les cordes avec une marge d’environ deux millions de voix.
Cette Italie qu’on disait fatiguée, désabusée, acquise à l’abstention, perdue pour la démocratie, s’est levée de son canapé pour aller voter « non ».
Un « non » massif avec des données à faire rêver les antifascistes du monde entier : 17 des 20 régions, 67 % des 18-28 ans, 60 % des moins de 34 ans.
La jeunesse italienne redécouvre l’antifascisme non pas comme une pièce de musée, mais comme un réflexe politique.
La semaine dernière en Italie les jeunes ont fait la différence et Meloni n’a jamais pu trouver les mots pour leur parler.
Dans l’immédiat cette défaite ne va pas faire tomber le gouvernement italien, mais elle le menace.
Car c’est l’union du Parti démocrate, du Mouvement 5 étoiles, des verts et de la gauche radicale qui a insufflé le vent de révolte qui a soufflé sur le pays.
Cette union est un espoir pour les prochaines élections de 2027.
À 1 an des élections générales, le « campo largo », la grande alliance de l’opposition italienne a expérimenté un modèle qui peut gagner.
Satisfaction supplémentaire, tous les regards se tournent maintenant vers le 12 avril et les prochaines élections hongroises.
L’extrême droite de V. Orban y est donnée battue dans les sondages.
Si on y rajoute les élections de mi-mandat qui s’annoncent calamiteuses pour Trump, cette séquence nous dit une chose :
- L’attaque des contre-pouvoirs démocratiques par l’extrême droite n’est jamais une tâche aisée,
- Elle se heurte systématiquement à des résistances.
Des résistances, qu’il faut partout transformer en victoire.
Face au fascisme, une victoire en appelle une autre, nous l’avons vu à Minneapolis où les habitants ont mis en échec « ICE » la milice de Trump.
La leçon à retenir de Rome et Minneapolis, c’est que l’antifascisme dans les urnes et l’antifascisme de terrain se complètent ils interfèrent l’un avec l’autre pour le meilleur, contre le pire.

































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