Deuxième ville après Cerbère, Banyuls n’est pas à proprement parler une ville frontière. Mais à l’arrière, sur les crêtes, le col de Banyuls a uni depuis toujours les deux versants des Albères.

La ville de Banyuls s’est très tôt montrée solidaire des républicains espagnols. Dès juin 1938, elle installe une colonie d’enfants au mas Reigt.

Le maire et son conseil municipal émettent une protestation contre l’intrusion d’une escadrille de bombardiers allemands « au service des factieux espagnols », le 8 juin 1938. Ils regrettent « la bienveillance dont semble bénéficier les alliés de l’aviation nationaliste espagnole et demandent au gouvernement de la république que des mesures énergiques soient prises afin d’éviter le survol du territoire français. »

Le poste-frontière de Cerbère étant encore verrouillé le 26 janvier 1939, c’est par la montagne ou la mer que les premiers réfugiés se présentent à Banyuls.

Ils sont aussitôt secourus et restaurés. Le maire Vincent Azéma en héberge chez lui.

Autour de la mairie, les employés municipaux sont aux fourneaux installés en plein air. Les gens du village apportent des couvertures. Le nombre de réfugiés est encore maîtrisable et beaucoup d’entre eux trouveront place, à quelques kilomètres, au centre de la Mauresque de Port-Vendres.

À partir du 5 février, des colonnes d’hommes, de voitures, de camions, d’engins militaires affluent sans discontinuer. Jamais les habitants de Banyuls n’avaient vu toute la route du front de mer occupée. Le 6 février 10 000 personnes sont concentrées dans les rues, les routes et les places.

Rue des marchands une infirmerie est installée avec des volontaires français.

Le col de Banyuls n’est accessible qu’à pied ou à cheval, c’est la porte d’entrée principale dans le village. Le 9 février la brigade communiste « Lister » passe le col et entre en France.

Les nationalistes arrivent à Espolla le 10 février, ils bloquent dorénavant l’accès du col de Banyuls.

Dans la partie plus isolée des Albères, des réfugiés retardataires empruntent le col du Fourcat jusqu’au 12 février.

Vers Sorède des troupeaux tentent de passer les crêtes des Albères par le pic Neulos. 3000 moutons sont parqués au stade ils serviront à nourrir les réfugiés.

Ce texte est un extrait de lecture du livre de Serge Barba « De la frontière aux barbelés, les chemins de la Retirada 1939 », édité aux éditions Trabucaïre en 2017,

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies nous permettant par exemple de réaliser des statistiques de visites.