Envie à Béziers commence une collaboration avec Jean Pougnet, dont les biterrois ont bien connu la plume dans Olé magazine. Membre du collectif TNE-OE – toutesnosenergies.fr, il produira une série d'articles consacrés aux politiques liées aux énergies renouvelables.

Belote et rebelote !

 Au cas où certains n’auraient pas encore compris la supercherie, le président de la région Hauts de France vient, il faut l’espérer, d’ouvrir les yeux sur la grande supercherie des énergies renouvelables qui doivent permettre de fermer les centrales nucléaires.Après avoir laissé s’installer des milliers d’éoliennes (4676 au 30 juin 2020) sur son territoire, Xavier Bertrand se porte candidat pour accueillir un des futurs EPR. La messe était dite d’avance sauf pour ceux qui ont fait de l’éolien industriel l’alpha et l’oméga de la transition énergétique et de ses adversaires de vilains partisans de l’ancien monde.

Pour le comprendre il suffit de suivre les fusions acquisitions récentes sur le marché de l’éolien. Parmi les récents entrants on trouve des géants de l’énergie comme EnBW ou Axpo, sociétés respectivement allemande et suisse, qui font dans les énergies renouvelables (EnR) comme dans le nucléaire ou les énergies fossiles, mais aussi Total ou Shell qu’on ne présente plus. La filière se concentre à grande vitesse attirant les majors de l’énergie séduits par les tarifs subventionnés. Et pour cause : connaissez-vous une activité industrielle où on vous garantit pendant 15 ans d’acheter toute votre production à deux fois le prix du marché ?
En plus une fois l’investissement de base amorti, en 4 ou 5 ans, peu de maintenance donc peu de salaires à payer, ça roule tout seul.

On comprend mieux pourquoi les promoteurs, par le biais de leur syndicat professionnel, font, avec succès, le siège permanent des gouvernements successifs pour qu’on allège les procédures pour obtenir les permis de construire et que l’on mette des bâtons dans les roues à tous les opposants.

Ce qui est plus mystérieux c’est pourquoi aucun bilan n’est fait de cette politique industrielle, de ses conséquences et de ses impacts tant sur la biodiversité que sur les habitants qui la subissent.

Le Monopoly s’intensifie

S’il est domaine sur lequel il n’est pas simple de trouver de l’information, c’est bien le financement des EnR. France énergie éolienne publie bien chaque année un palmarès des dix plus importants constructeurs, exploitants, fabricants de composants, bureaux d’études, etc. mais rien sur les financeurs. Il faut donc aller à la pêche et on trouve deux principaux fonds, Rgreen invest et Eiffel investment, les banques bien sûr, avec au premier rang le Crédit Agricole qui si on en croit un analyste « dispose d’avantages décisifs avec son offre complète sur l’ensemble des maillons du financement, son leadership sur les obligations vertes et sa forte implantation dans les territoires ruraux. »
Le CA, via une de ses filiales languedociennes, est ainsi entré au capital d’Enerfip, plateforme de financement participatif. Mais on trouve également et c’est peut-être plus surprenant la Banque des territoires, filiale de la Caisse des Dépôts, qui ne se contente pas de financer des projets éoliens mais compte en association avec la CNR (actionnaire principal Engie) détenir plus de 500 MW de nouveaux projets éoliens à dix ans.
La Banque des territoires a déjà investi 150 millions d’euros dans le rachat à Total Quadran de 11 centrales éoliennes et 35 centrales photovoltaïques. Au passage on notera que Total qui a absorbé Quadran il y a peu revend la moitié de ses actifs, officiellement « pour poursuivre le développement de nouveaux projets d’énergie renouvelable en France métropolitaine et dans les Dom Tom”. En fait, Total compte multiplier par 8 d’ici 2025 sa production d’EnR mais en misant semble-t-il sur le photovoltaïque.
De la même manière le groupe suisse acquéreur de Volkswind a cédé très vite une partie de ses centrales éoliennes à une banque de l’église évangélique allemande.
Le Monopoly s’intensifie !

Photo extraite du film "Main basse sur l’énergie" de Gilles Balbastre, en collaboration avec Là-Bas si j’y suis et la fédération nationale CGT mines et énergie
Film visible gratuitement en cliquant https://www.youtube.com/watch?v=eYZpxpPdENQ