Lithium : nouveau rassemblement à Lodève

par | 9 août 2026 | Écologie

Ni l’été ni la canicule n’empêche pas la mobilisation. C’est le cas pour les quelques 150 personnes qui se sont retrouvées à l’appel du collectif  DELIT-thium  devant la sous-préfecture de Lodève ce jeudi 6 août à 14h pour montrer leur détermination à s’opposer au projet d’extraction de Lithium dans le territoire.

Pour rappel, la société norvégienne « Transition Elements » veut obtenir un permis exclusif de recherches de lithium sur le lodévois. Ce nouveau projet minier a reçu un avis favorable du préfet et est en attente d’un arrêté ministériel. Il pourrait être validé sans tenir compte de l’avis de la population ni des labels environnementaux  en vigueur suite à la loi européenne de 2024. Un vrai scandale démocratique !

Le collectif s’interroge sur les impacts inévitables de ce projet sur la vie des habitants, sur l’agriculture, sur l’état des sols et des sous-sols, des paysages et de la ressource en eau.

Et puis la vraie question : Pourquoi toujours plus de lithium et pour quel usage ?

Lire ICI notre dossier sur le sujet

Entretien avec Dominique Soulié

EVAB : On reparle du Lithium en plein été à Lodève : Je croyais que c’était oublié, cette histoire de lithium dans le Lodévois ?

Dominique Soulié : Moi aussi, puisqu’on ne sait rien. Donc, il n’y a rien.

EVAB : Alors, pourquoi aujourd’hui ce rassemblement devant la sous-préfecture ?

DM : Parce que les bruits de couloir nous ont dit qu’il y avait un rendez-vous entre la société norvégienne qui a déposé une demande de prospection et madame la sous-préfète. Et donc, on est venus montrer notre oppositionà ce projet.

EVAB : Alors, juste pour nos lectrices et lecteurs, ce projet d’extraction de lithium, ça touche quel territoire ? Quels sont les dangers ? Et pourquoi vous vous y opposez ?

DM : Alors, le territoire, c’est 22 communes, je dirais, au nord du Salagou, qui partent d’Octon jusqu’à Lodève, jusqu’à Bédarieux et les Monts d’Orb. Donc, 22 communes sur lesquelles ils vont chercher à savoir s’il y a quelque chose. Donc, quel type de territoire, quelle zone dans ce territoire ça va toucher. On ne sait pas si ce sont les garrigues ou les ruffes du Salagou, ou encore les vignes. On ne sait pas , en fait on ne sait rien. Il existe une opposition au niveau environnemental et territorial sur le fait que c’est une zone assez dynamique au niveau de l’agriculture, qui fait fonctionner tous les marchés d’été du Lodévois et de cette zone hyper touristique.
Une première opposition de ne pas tout détruire pour trouver trois brins de lithium. On a la plus grande réserve d’eau douce de l’Hérault à côté. On sait que le lithium, ça consomme souvent de l’eau pour l’extraction. Donc, on a le Salagou. Donc ça, c’est une première chose. Très terre à terre, et après, politiquement, il y en a une raison plus profondfe. En fait, est-ce qu’on a besoin de tout ce lithium ? Et est-ce que demain, la transition écologique va être la destruction de tout ce qui est terrestre ?
Comme ça, ce sera plus facile, quand il n’y aura plus rien, on n’aura plus rien à préserver, on pourra faire tout ce qu’on veut.

EVAB : Pour rappel, le lithium, ça sert surtout à tous les objets high-tech, technologiques, aux voitures électriques, aux smartphones etc. Et pourtant, on en a un peu besoin, non ?

DM : Oui, on en a un peu besoin. Mais entre un peu et la façon dont on veut nous le mettre partout… Enfin, on a du high-tech qui ne sert à rien, on a de l’intelligence artificielle, comme si l’homme était devenu assez con pour ne pas être capable de réfléchir par lui-même. Les data centers qui vont consommer… Est-ce qu’on a besoin de tout ce fonctionnement-là pour continuer à avancer et continuer à vivre. C’est la problématique qui se pose là : quelle transition écologique on veut ?

EVAB : Le grand maître mot depuis quelques années, c’est l’indépendance et la souveraineté de notre pays. Concernant le lithium, ce n’est pas d’actualité alors ?

DM : Tout dépend des politiques qu’on veut. Est-ce qu’aujourd’hui, sur le Lodévois, la transition écologique, c’est que chaque personne puisse avoir une voiture électrique pour se rendre à Montpellier ? Ou est-ce qu’il puisse exister véritablement une flotte de transports publics et collectifs qui puisse faire des allers-retours ? Et que, quand on habite le Lodévois, on puisse aller au cinéma à Montpellier. Pourquoi pas ? C’est la question qui se pose aussi. La mobilité, comment on l’organise et comment on la fait ? Est-ce qu’on continue à faire des autoroutes ? Ou pas ?

EVAB : Alors, ce combat contre le lithium, il me fait penser, il y a quelques années, au combat contre les gaz de schiste qui i a été victorieux. Donc, tous les espoirs sont permis ?

DM : Il y a toujours de l’espoir. Sinon, on ne combattrait pas !

Diverses prises de paroles lors du rassemblement

Un moment musical qui va devenir un succès international dans le monde du Rap  : « Le Lithium, c’est râpé ! »

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

MUTINERIES EN ACCÈS LIBRE (GRATUIT)

Entre 1993 et 1998, Pierre Carles a réalisé une dizaine de courts-métrages documentaires pour l’émission franco-belge « Strip-tease ». Il a filmé des hommes et des femmes dans leur « intimité au travail » : un député du Languedoc, le chauffeur d’une personnalité...

Cantine de rentrée le 10 septembre

Cher.es ami.es de Cuisine d'ailleurs, retrouvons nous pour notre première cantine de la saison si vous le souhaitez jeudi 10 septembre prochain entre midi et 14h, pour notre rendez vous mensuel gourmand et convivial. Partageons notre repas à prix libre réalisé à...

Au bout du fil de la presse libre

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1113096
Total Users : 1113096

mardi 8 septembre 2026, 17:38

Robert Martin