Dans l’avis qu’il vient de transmettre à la Région au sujet de la future charte du Parc naturel régional du Haut Languedoc, un sujet semble primer sur tous les autres : la hauteur des éoliennes.
En introduction de six pages de remarques plus ou moins bénignes, il affirme qu’il ne saurait être question de les limiter à 150 mètres alors que les élus locaux avaient voté pour conserver comme cela était le cas dans la charte existante, une réglementation plus stricte à 125 mètres.
Le bureau syndical avait cédé à une première injonction des préfets du Tarn et de l’Hérault et accepté 150 mètres ; le préfet de région, dopé par ce coup de force, demande maintenant la suppression de toute limite !!
Ses arguments reprennent ceux des constructeurs d’éoliennes : « Cette évolution apparait insuffisante pour permettre le renouvellement des parcs existants dans des conditions compatibles avec les évolutions technologiques de la filière. »
L’évolution de la biodiversité et son effondrement ne font pas le poids face aux évolutions technologiques.
Il s’aventure aussi dans ce qu’on peut qualifier de réalité parallèle : « Le renouvellement présente plusieurs avantages environnementaux : il permet d’équiper les installations de meilleures technologies disponibles, notamment de dispositif performant de détection de l’avifaune » et plus loin « Réalisé sur des sites déjà exploités il bénéficie également des connaissances acquises grâce aux suivis environnementaux conduits depuis plusieurs années. »
Le préfet devrait savoir que l’on peut installer des dispositifs de détection dans changer les éoliennes et que par ailleurs les suivis environnementaux auxquels il fait allusion ont été pour la majorité d’entre eux bâclés (1). Ils permettent cependant d’avoir une idée, certainement sous-évaluée, du massacre en cours.
D’après ces suivis et en faisant une moyenne rapportée aux 239 éoliennes en fonctionnement on estime à 3 585 le nombre de chiroptères et 1 195 le nombre d’oiseaux tués par an. Et ce, avec des machines qui actuellement font de moins de 100 mètres. On imagine les dégâts à venir avec une augmentation des surfaces de balayage des rotors de 50%.
Enfin – et pour confirmer que l’éolien semble être devenu une obsession alors que le chapitre énergies renouvelables de la nouvelle charte traite également de photovoltaïque et de méthanisation – aucune remarque à leur sujet. À moins que pour ces techniques le PNR soit allé tellement loin dans la permissivité que le préfet ne se sente pas d’en rajouter.
(1)Lorsqu’en 2022 Pauline Gradwhol, chargée d’une étude sur les suivis de mortalité des centrales éoliennes a commencé son travail, le PNR ne disposait que de 18 suivis de mortalité, soit même pas un seul suivi par centrale installée.
Après trois mois d’investigations elle a obtenu 46 suivis supplémentaires.
Sur les 64 suivis collectés seuls 34 ont été jugés exploitables. Et sur ces 34, 88% étaient postérieurs à 2017. Pendant 13 ans il n’y a eu aucun suivi digne de ce nom.
Les 34 suivis exploitables correspondent à 16 centrales, ce qui veut dire que 11 n’ont aucun suivi exploitable.



























