T’en veux de l’extrême droite, en voilà (4)

par | 21 janvier 2024 | Extrême droite

Cette semaine, focale sur la situation en Italie, Argentine et France. Tout ce qu’il faut savoir sur l’extrême droite pour mieux la combattre.

Italie : À Rome, le 7 janvier dernier, six cents militants convoqués par le mouvement néofasciste « Casapound » ont défilé la nuit tombée dans un quartier de la capitale le bras tendu, vêtus de chemises noires.

Chaque année à la même date les néofascistes se donnent rendez-vous devant l’ancien siège du Mouvement social italien (MSI) fondé en 1946 et dissous en 1995. En 2018 ils étaient plus de 5 000 à défiler dans les rues du quartier Appio.

Les différentes mouvances fascistes et néofascistes italiennes se disputent les restes du MSI.

Le parti fondé par Giorgia Meloni en 2012 « Fratelli d’Italia » en a récupéré la flamme tricolore.

« Casapound » fondé en 2003 est situé à l’extrême droite de « Fratelli d’Italia », dans une configuration qui ressemble à celle qui existe entre le « Rassemblement national » et « Reconquête » en France.

Pour le moment « Fratelli d’Italia » a cannibalisé « Casapound », la moitié des cent sections ont mis la clef sous le paillasson.

« Casapound » a de surcroît collectionné les procès et enquêtes judiciaires durant les cinq dernières années.

Comme en France l’un des partis tente de doubler l’autre sur sa droite. La voie est étroite puisque la Constitution italienne interdit la réorganisation d’un parti fasciste.

Du côté de la « Ligue » de Matéo Salvini, on espère se repositionner en optant pour une ligne « pragmatique » qui dit défendre le quotidien des Italiens.

Accusée d’être une « modérée » vendue à Bruxelles par ces deux concurrents, Meloni tente de faire le gros dos. Elle saura en juin prochain aux Européennes si sa ligne politique va résister à l’exercice du pouvoir.

 

Argentine : en Argentine, la société civile se prépare pour la grève générale du 24 janvier prochain.

Il faut dire que le gouvernement ultra libéral du nouveau président Milei n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Pour les Argentins le premier bilan d’un mois de dérégulation est l’explosion de l’inflation (12,5 % en novembre et 25,5 % en décembre) accompagnée de la dévaluation de 50 % du peso.

Désormais, les baux de loyers ne sont régis par rien d’autre qu’un accord « libre » entre les parties. Un contrat peut s’honorer en « bitcoin » où toute autre cryptomonnaie. Certains payent leur loyer en kilos de bœuf ou en litres de lait.

L’organisation « Inquilinos Agrupados » (locataires rassemblés) reçoit des personnes privées de domicile qui ne savent pas où elles vont dormir le lendemain. Dénonçant une situation « sans équivalent dans le monde » l’association a saisi la justice d’un recours en nullité contre le méga décret d’urgence.

Le 15 janvier dernier, les syndicats de la fonction publique se sont mobilisés dans tout le pays.

41 entreprises publiques doivent passer du public au privé. Les fonctionnaires dénoncent une précarisation croissante, leurs salaires sont gelés et le gouvernement a lancé une vague de licenciement massive (30 000).

Milei de son côté sera à Davos où il va prendre les ordres du FMI et un chèque de 4,7 milliards de dollars.

FMI, qui salue « Le plan ambitieux mis en œuvre par la nouvelle administration argentine ». Le président argentin s’est en effet engagé à présenter cette année un budget excédentaire équivalent à 2% du PIB.

Après la Grèce, le FMI veut faire de l’Argentine un nouveau cadre d’expérimentation de la résistance populaire aux politiques d’austérité.

 

France : déclaration du président délégué du groupe RN Jean-Philippe Tanguy à l’Assemblée nationale : « Monsieur Attal ne nous coupe pas l’herbe sous le pied, il nous pave plutôt la voie vers le pouvoir ».

Tanguy en veut pour preuve l’action d’Attal à l’Éducation nationale avec la reprise de revendications du RN : le port de l’uniforme, la fin du collège unique, le port de l’abaya.

Il poursuit : « À partir du moment où vous reconnaissez que des solutions, que vous avez diabolisées de manière injuste pendant des années, étaient les bonnes et bien les Français vont se dire que sur ce sujet Marine Le Pen avait raison ».

Les crocs du RN sont en train de se refermer sur la nuque du gouvernement.

Ce ne sont pas les déclarations de Macron indiquant le cap « en même temps » à l’extrême droite et à la droite extrême qui vont desserrer l’étreinte.

L’extrême centre qui ouvre la route à l’extrême droite c’est un classique dans l’histoire. C’était déjà le cas dans les années 1930.

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Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers