Une autre histoire – 21 mai 1927, Lindbergh traverse l’Atlantique

par | 17 mai 2026 | Histoire

Le 21 mai 1927, voilà exactement 99 ans, l’Américain Charles Lindbergh réussit à 25 ans,  la première traversée en avion sans étapes de l’Atlantique Nord, quelques jours après la tentative malheureuse de Nungesser et Coli dans l’autre sens.

Avant lui plus de 70 personnes ont déjà survolé l’Atlantique en avion mais il est le premier à relier l’Amérique à l’Europe par les airs.

Cette aventure mémorable commence à l’aéroport de Roosevelt-Field à Long Island sans aucun enthousiasme. Ce pilote de ligne a un grand nombre d’heures de vol à son actif. Il a traversé le continent américain en deux bonds mais personne ne le connaît.

Son monoplan à moteur est équipé de tous les appareils de navigation les plus modernes. Il a même un périscope !

Le pilote est complètement enfermé dans la carlingue et ne voit que latéralement. L’avion transporte autant de carburant qu’il est possible.

Après avoir lourdement décollé de la piste, Lindbergh fait prendre à son avion une direction nord-est. Il n’a emporté en guise de ravitaillement que quelques sandwichs et un peu de chocolat. Les onze premières heures de vol s’écoulent comme prévu. Il survole St Jean de Terre Neuve et essuie peu après une violente tempête d eneige. Les ailes de l’avion se couvrent de givre.

Le pilote épuisé songe plusieurs fois à faire demi-tour. En quittant l’aéroport, il avait salué le public avec humour : « Le condamné à mort  vous dit au revoir ».

Dès que ses paupières s’alourdissent  – il n’avait déjà pas dormi 36 heures avant le départ- il sort la tête dans le vent glacé.

Au bout de 27 heures de vol exténuantes, Lindbergh découvre enfin les premiers bateaux de pêche, puis l’Irlande est bientôt en vue. Le pilote américain est tout près de réaliser son rêve mais il faut qu’il vole encore pendant 6 heures. Peu à Peu la lumière diminue et l’obscurité s’installe.

Enfin, à 20h30 Lindbergh survole Cherbourg et continue vers Paris.

Alors inconnu jusque-là son nom est mainteneant sur toutes les lèvres. Dans les journaux, on lit qu’un jeune aviateur est parti de New York la veille pour tenter de traverser l’Atlantique. On se rue vers Le Bourget.

Lorsque Lindbergh aperçoit enfin les lumières de Paris, il sait qu’il a réussi . Les phares de centaines d’automobiles et de taxis qui sont venu l’accueillir lui indiquent le chemin de l’aéroport.

Le 21 mai 1927 à 22 heures, heure française après un vol de 33h 30mn et 29 secondes, après avoir  parcouru 6300 km à la vitesse de croisière de… 180 km/h, les roues de Spirit of Saint Louis touchent enfin le sol français. La foule est en liesse lorsque Lindbergh descend de son appareil. Tout le monde pense aux aviateurs français Nungesser et Coli qui ont tenté la même aventure dans l’autre sens treize jours auparavant à bord de l’oiseau blanc et qui n’ont jamais atteint New York.

Après son succès, Lindbergh est l’hôte de l’ambassade des Etats-Unis, prise d’assaut par les curieux. Le pilote obtient pour sa performance la somme de 25 000 dollars que son compatriote Orteig avait promise à celui qui relierait New York à Paris sans escale.

L’histoire de l’aviation a pris une nouvelle dimension !

On ne peut évoquer cette extraordinaire aventure aérienne et Charles Lindbergh sans parler de deux évènements d’une importance capitale .

Un drame familial d’abord qui va  bouleverser sa vie. Le 1er mars 1932 le premier de ses enfants est victime d’un enlèvement. Le bébé est retrouvé assassiné au terme d’une enquête bâclée par le FBI.

 L’errance politique ensuite qui le conduit à accepter en 1938, des mains de Hermann Goering, un officier Nazi la médaille d’honneur allemande, décoration  qu’il refusa de rendre à la demande de Roosevelt. Ce refus causa un tollé aux États-Unis . Lindbergh fait même l’éloge fait même l’éloge de Hitler, «indubitablement un grand homme», et à la veille de la Seconde Guerre mondiale, conjure ses concitoyens de se maintenir à l’écart du conflit.

 Les déclarations maladroites de Lindbergh font peu à peu passer l’aviateur et ses fidèles pour des antisémites sympathisants du Führer. Il change cependant d’avis après l’attaque de Pearl Harbor, en décembre 1941, et assure une cinquantaine de missions aériennes dans le Pacifique comme civil.

Mais c’est une autre histoire !

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