Le 26 mars 1827, voilà exactement 199 ans, s’éteint à Vienne Ludwig van Beethoven à l’âge de 56 ans.
Né à Bonn en Allemagne le 16 décembre 1770, l’enfance de Beethoven n’est pas heureuse, quoiqu’on ait exagéré les cruautés de son père à son égard. Son père, ténor à la chapelle de l’archevêché lui délivre ses premières leçons de musique mais échoue dans la tentative de lui faire mener une carrière d’enfant prodige comme Mozart. Son grand père, marchant de vin est aussi musicien à la même chapelle.
Le petit Ludwig prend des cours de piano, de violon et d’orgue mais étudie aussi les philosophes de l’antiquité et acquiert certainement le goût pour les idées républicaines.
Voulant consacrer sa vie à la création musicale, il quitte Bonn pour se rendre à Vienne où il demeurera jusqu’à sa mort.
Les premières années de Beethoven à Vienne sont brillantes, mondaines (grâce au soutien de l’aristocratie) et marquées par ses éclatants succès comme pianiste. Il compose beaucoup pour le piano (sonates, trios, concertos), abordant en dernier les genres « difficiles » du quatuor à cordes et de la symphonie
Il entame en 1796 une série de tournées comme concertiste. Ces tournées sont aidées par de solides protections qui ouvrent les portes des lieux de concerts et par sa renommée de virtuose et d’improvisateur.

En 1798, il éprouve les premiers troubles de l’audition. La surdité lui enlève 60 % de ses facultés auditives mais son activité créatrice ne ralentit pas. Si elle le retranchait du monde extérieur, elle avait l’avantage de maintenir ses centres auditifs dans un état constant d’excitation. On a souvent expliqué par là l’isolement qui a préservé Beethoven des influences, de la facilité ambiante mais l’a incité à des hardiesses techniques incontrôlables l’obligeant presque à faire de sa musique une science abstraite. Pour certains la surdité a agi comme un stimulant de la création.
Il est en contact avec un inventeur qui lui fabrique des cornets auditifs et qui lui fait connaître le métronome. Beethoven qui réduit considérablement la part d’improvisation des interprètes par une notation extrêmement précise, note ainsi les tempi d’un grand nombre de ses partitions.
Il compose la plus grande partie de ses œuvres les plus célébrées de 1795 à 1815 où sa surdité devient totale. : 8 des 9 symphonies ; 27 des 32 sonates pour piano ; les 10 sonates pour piano et violon ; 5 sonates pour violoncelle et piano ; 11 des 16 quatuors à cordes, 7 concertos ; la messe en do majeur ; Le compositeur, à partir de 1818, est contraint de communiquer par l’intermédiaire des fameux carnets de conversation.
Entre 1818 et 1822, il écrit ses dernières sonates pour piano et achève la composition de sa seconde messe. Le 7 mai de la même année, sa 9e symphonie et dernière est créée à Vienne.
Alors que la musique de Mozart est essentiellement théâtrale, la musique de Beethoven est essentiellement lyrique. Quand, aujourd’hui, on évoque Beethoven, on pense à ses 9 symphonies, aux sonates pour piano, aux quattuors. Tous les autres grands musiciens sont célèbres d’abord comme auteurs d’opéras. Lui préfère confier aux seuls instruments la tâche d’exprimer son univers intime.
La musique de Beethoven est trop identique à la personnalité de son auteur pour faire école ou souffrir qu’on la copie mais personne, après Beethoven, ne pourra plus écrire comme avant lui. Son œuvre tranche l’histoire de la musique comme la prise de la Bastille tranche l’histoire politique. Si la plupart de ses œuvres montrent en Beethoven un continuateur direct de Haydn et de Mozart, elles développent aussi, en profonde rupture avec ces derniers, à la fois un côté tribun, inconcevable avant lui, et des sentiments intensément personnels.

L’œuvre de Beethoven n’a jamais joui d’une gloire tranquille du moins auprès des critiques et des professionnels de la musique qui se disent « vrais » musiciens. Cette opposition ne vise pas son génie ni sa grandeur humaine ni sa valeur musicale mais bien le but que poursuit sa musique : un moyen au service d’une autre fin que la beauté musicale elle-même : la vie. C’est d’avoir fait de sa musique une action et non une évasion qu’il subit la critique.
Il s’éteint à Vienne le 26 mars 1827 d’une pneumonie. Une foule oscillant entre 10000 et 30000 personnes selon les témoins accompagne sa dépouille à sa dernière demeure. Il laisse une œuvre à laquelle la postérité donnera les prolongements artistiques les plus variés.
Si un cataclysme avait anéanti la totalité de l’œuvre musicale mais si l’histoire de sa vie avait miraculeusement échappé à ce cataclysme nous aimerions ou pas son caractère mais sa vie continuerait de nous apparaître comme celle d’un des plus grands héros.
Inversement, si son œuvre entière nous était parvenue en ignorant sa vie, nous l’aimerions ou pas mais cette œuvre continuerait de nous apparaître comme celle d’un des plus grands musiciens.
… mais c’est une autre histoire
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