Une autre histoire – 29 octobre 1922, Mussolini nommé président du Conseil

par | 26 octobre 2025 | Histoire

Le 29 octobre 1922, voilà exactement 103 ans, Benito Mussolini est nommé président du Conseil (l’équivalent de Premier ministre) par le roi d’Italie Victor-Emmanuel III.

Il n’aura fallu que 2 ans pour que le Parti National Fasciste, fondé en novembre 1921 par Mussolini, accède au pouvoir. C’est le premier parti d’Europe occidentale ouvertement non-démocratique.

C’est dès 1919 qu’il fonde les faisceaux Italiens de combat. Le mouvement empruntera son vocabulaire et son style à d’Annunzio le principal leader nationaliste.

A près son échec aux élections de juin 1919, le fascisme opte pour l’action illégale et subversive se posant comme le gardien de l’ordre contre le bolchevisme

À partir de l’été 1920, Les troupes paramilitaires de Mussolini forment l’embryon du futur Parti national fasciste et se mettent au service de la contre-révolution. Ces miliciens armés reconnaissables à leur uniforme, les «Chemises noires», multiplient les campagnes d’intimidation.

Ils attaquent les Bourses du travail, lieu de rassemblement des syndicats ouvriers et brisent les grèves. Ils bastonnent leurs victimes, les purgent à l’huile de ricin ou parfois les assassinent !

Les fascistes apparaissent ainsi comme des garants de l’ordre  face aux menaces révolutionnaires. Ils bénéficient à ce titre de l’indulgence des forces de l’ordre et de la justice et sont regardés avec bienveillance par le patronat italien.

Avec des effectifs supérieurs à plus de 700.000 en 1922, le Parti fasciste n’arrive pas pour autant à convaincre le corps électoral. Mais il démontre une nouvelle fois sa force en août 1922 en brisant une grève générale lancée par le parti socialiste et dirigée contre lui.

Là-dessus, Mussolini menace de marcher sur Rome et de s’emparer du pouvoir par la force. Les Chemises noires de province, au nombre d’environ 40.000, commencent à converger vers la capitale.

Le roi Victor-Emmanuel III n’ose pas décréter l’état de siège par crainte d’une guerre civile. Comme le président du Conseil, le vieux libéral Giacomo Giolitti (80 ans), il pense que Mussolini peut, après tout, aider à sauver un régime en pleine décomposition et qu’il sera toujours temps de s’en débarrasser après.

Le 29 octobre 1922, le roi propose donc à Mussolini qui, de Milan, observe prudemment les événements, de prendre la tête du gouvernement dans les règles.

Les Chemises noires poursuivent malgré tout leur marche sans rencontrer de résistance, pour le symbole. Pour donner l’illusion d’une prise de pouvoir personnelle, Mussolini entre dans la capitale italienne le 30 octobre, entouré des hiérarques et des militants fascistes, au terme d’une très symbolique «Marche sur Rome».

À la tête d’un gouvernement qui ne compte que quatre ministres fascistes, Mussolini se montre dans les premiers temps respectueux des règles constitutionnelles. Sa détermination et son verbe lui valent la sympathie des élites, y compris d’illustres intellectuels.

Mais, dans les provinces, les Chemises noires poursuivent la mise au pas des organisations syndicales. La fête du Travail du 1er mai est supprimée. La grève est enfin interdite.

Mussolini manoeuvre habilement mêlant intimidation et attitudes rassurantes. Il surmonte la crise née de l’assassinat du leader socialiste Giacomo Matteoti . Fort d’une majorité docile après le rtrait des parlementaires opposants, la Chambre des députés et le Sénat votent les pleins pouvoirs à Mussolini pour un an.

Il met fin au régime parlementaires instauré par le statut de 1848. Il gouverne désormais en maître absolu et installe  une dictature totalitaire d’un nouveau genre qui durera pendant plus de 20 ans jusqu’en 1943.

Mussoloni est le premier en date des dictateurs européens de l’entre deux-guerres. Socialiste reconverti au totalitarisme autoritaire il entend façonner une Italie nouvelle. Produit d’un accident de l’histoire pour les uns, conséquence logique des faiblesses de la monarchie bourgeoise pour les autres, le fascisme est fondé sur le mépris des hommes, l’anticommunisme, l’antiparlementarisme, l’exaltation de la violence, le nationalisme et le culte de la personnalité.

Par des initiatives toujours plus audacieuses, dont la conquête de l’Ethiopie, il se met au ban des démocraties occidentales et ne trouve plus d’autre recours que dans l’alliance avec Hitler, qu’il abhorre. C’est le début de la tragédie. L’Italie, alliée malheureuse de l’Allemagne, est envahie par les Alliés.  Porté au pouvoir par la violence, Mussolini périt de mort violente : arrêté par les partisans dans une colonne allemande en retraite, il est fusillé avec sa maîtresse le 28 avril 1945.Hitler le suivra dans la mort deux jours plus tard.

La montée du fascisme dans les années trente et le chaos qui en a résulté doit nourrir notre analyse de  l’actualité européenne. d’aujourd’hui !

Mais c’est une autre histoire

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