Depuis sa première mandature en 2014, le maire de Béziers offre des jeux à la population. Particularité locale, c’est pour oublier que la ville reste une des plus pauvre de France.
Dans sa passion pour offrir des divertissements aux Biterrois le maire est constant.
Il a commencé par ériger une roue de fête foraine en bas des allées Paul Riquet.
Pour supporter le poids de ladite roue il a fallu renforcer les soubassements, abandonner le passage souterrain qui menait au plateau des poètes, reconfigurer la chaussée du giratoire du bas des allées.
Quelques mois et millions d’euros plus tard une gigantesque roue à nacelles trônait.
Cette roue était gérée en délégation de service public mais tous les frais inhérents à la voirie ont été supportés par les impôts des biterrois.
Pour le maire de Béziers, cette roue était : « Plus haute que celle du vieux port à Marseille ».
Je ne suis pas expert pour mesurer les roues des divers maires de l’Hexagone, mais je sais une chose : à l’instar de celle de Marseille la roue de Béziers n’a pas duré.
Bien entendu il fallait payer pour monter dans les nacelles et rien ne ressemble plus à une vue de Béziers ou Marseille, qu’une autre vue de Béziers ou Marseille.
Comme il se trouve qu’à Béziers et Marseille la pauvreté atteint les mêmes sommets, on ne pouvait compter que sur les touristes pour remplir les nacelles.
Visiblement il n’y a pas eu assez de touristes et de gogo pour assurer la pérennité de la roue du paon biterrois. Elle a donc été démontée sans tambour ni trompette à l’inverse de son installation.
On aurait pu croire que confronté à ce bide monumental le maire de Béziers aurait tapé en touche avant de rejouer les empereurs romains. Il n’en a rien été, Béziers est devenue la capitale mondiale des fêtes éphémères.
Dans une finesse qui colle bien au personnage nous avant eu droit tous les 20 du mois à la fête du vin et les 8 à la fête de l’huître.
Nous avons échappé de peu tous les 3 du mois à la fête des rois, les 9 à la fête du bœuf et les 12 à la fête de la bouse.
Ainsi va la vie culturelle à Béziers . . .
Pour remonter le niveau, le maire a ensuite basculé sur les fêtes à thème : chocolat, santons, bière, miel, truffes . . .
Le principe est simple et peut être là aussi décuplé à l’infini : un lieu, un produit, des producteurs, des acheteurs.
Quand le thème est jugé grand public c’est au palais des congrès, quand le thème est jugé commercial c’est aux nouvelles halles « Biltoki ». (Voir article précédent dans la même série)
Le problème avec ces animations commerciales c’est qu’il faut vendre pour qu’elles soient rentables.
Pour les frais engagés par la mairie, Ménard s’en fout c’est avec nos impôts.
Pour les frais engagés par les producteurs c’est plus compliqué il risquent de se faire « couillonner » une paire de fois et ne pas revenir.
Car l’équation insoluble que ne résoudra jamais ce maire, c’est qu’une population paupérisée ne peut pas consommer au rythme effréné qui lui est proposé.
Un chose est d’acheter un ballon en plastique dans les chalets de Noël, autre chose est de faire une soirée bière aux halles « Biltoki » à des prix prohibitifs.
Le maire de Béziers est d’ailleurs sur le qui vive quand on dit que ses animations ne marchent pas.
Le quotidien régional Midi Libre en sait quelque chose quand il avait osé émettre des réserves sur le succès populaire d’une énième braderie dans le centre-ville.
Pour se convaincre que l’animation marche, il suffit d’installer un compteur aux halles qui compte les voitures, les passants, les chiens, les vélos, les lycéens d’Henri IV et les « festejaïres » bourgeois des halles.
Le lecteur de cet article l’aura deviné, vivre à Béziers sous Ménard, c’est vivre dans une ambiance de supermarché la veille des fêtes de fin d’année.
Le chaland est sans cesse interpellé pour participer à la grande fête consumériste.
Vous allez me dire que les promos sur les truffes ne sont pas obligées de plaire aux non-truffes et qu’elles peuvent être boycottées : c’est vrai.
Mais ça ne change rien au vacarme assourdissant et permanent de supermarché qui règne dans Béziers.
Au fond, les supermarchés c’est comme les églises et la crèche ceux qui veulent y aller ont le droit de se « régaler ».
En revanche ceux qui n’aiment pas ne sont pas obligés de supporter une ambiance cléricale et consumériste dans tous les coins et recoins de la ville.
En guise de conclusion, si vous voulez que la consommation reste dans les boutiques, magasins et autres supermarchés.
Si vous ne voulez pas être dans la position de ceux qui sont derrière une vitrine à baver sur des gâteaux qu’ils ne pourront jamais se payer.
Si vous pensez que l’exposition publique permanente de la consommation provoque la rage de ne pas pouvoir participer et génère de la fracture sociale pour ceux qui n’ont pas les moyens de se l’offrir.
Si vous rêvez d’un monde où la culture est autre chose que la consommation.
Il faut virer Ménard (et ses animations à trois francs six sous) aux prochaines municipales




























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