R. Ménard est loin d’être le maire apolitique qu’il prétend être. Son classement actuel dans la catégorie des maires « divers droite » fait même sourire quand on comptabilise les soutiens et amis de sa première mandature.
La main sur le cœur, le maire de Béziers prétend être apolitique, pourtant tous ses amis, ses soutiens, plus largement son entourage sont connectés à la droite extrême et à l’extrême droite.
Quand on le questionne sur son engagement, Ménard dit partager 80 % des idées du RN. Si on rajoute les 20 % restant qui sont proches des thèses identitaires, nous avons un 100 % extrême droite.
Tout au long de sa première mandature, les liens entre Ménard et l’extrême droite sont avérés. Je vous propose d’en faire le tour dans cet article. Je reviendrai sur la deuxième mandature la semaine prochaine.
Le blog de la première campagne électorale de 2014 a été initié par Denis Cheyrouze qui avait contribué à lancer le site d’extrême droite « Boulevard Voltaire », propriété des Ménard.
Dans « Boulevard Voltaire » et dans la revue « Médias », Ménard et Duverger donnaient la parole à l’antisémite Alain Soral, l’islamophobe Pierre Cassen, le théoricien du grand remplacement Renaud Camus, le théoricien de la Nouvelle droite Alain de Benoist.
En parallèle, Ménard et Duverger avaient écrit ensemble le livre « Vive Le Pen »
Un des premiers actes du maire élu en 2014 a été d’embaucher Christophe Pacotte, membre du bureau politique du « Bloc identitaire ». Bien qu’ils se soient séparés deux mois plus tard la courte idylle entre Ménard et Pacotte en disait long sur « l’apolitisme » du maire de Béziers.
Le « deal » avec Pacotte était limpide : j’ai besoin de toi, je me contrefiche de qui tu es, mais tu ne l’affiches pas. En refusant de céder aux exigences du maire qui lui demandait de démissionner du bureau politique du « Bloc identitaire », Pacotte a précipité son exclusion.
On aurait pu croire que cette expérience avait vacciné Ménard contre les identitaires, il n’en a rien été puisque quelques mois plus tard, André-Yves Beck remplaçait Pacotte comme directeur de cabinet.
Avant d’être embauché à Béziers, Beck avait dirigé la communication du maire « Ligue du Midi » d’Orange : Jacques Bompard.
Dans la constellation identitaire, Beck n’est pas n’importe qui. Il est membre du bureau politique d’un groupuscule ouvertement fasciste « Troisième voie », spécialisé dans les actions violentes contre la gauche et les syndicats. Beck a aussi été membre du comité central du FN entre 1997 et 1999, également proche de la direction du « Bloc identitaire ». Pour situer le personnage, il s’est engagé en Croatie pendant la guerre civile pour combattre les musulmans.
Très vite, Beck profite de ses relations avec les mairies de Bollène et Orange pour aider Ménard à faire ses courses (entre autres y débaucher des policiers municipaux).
Ceux-ci sont pour la plupart toujours en place.
Beck part en catimini de la mairie, il aurait perdu la lutte d’influence avec Emmanuelle Duverger/Ménard.
En mai 2016, Ménard lance un mouvement qui tente de le positionner comme rassembleur de la droite extrême et de l’extrême droite « Oz ta droite ». Le programme de ce mouvement trans partisan est on ne peut plus politique : fin du statut des fonctionnaires, simplification radicale des normes, fin des 35 heures, retraite à 65 ans, fin de l’État providence, suppression du droit du sol, majorité pénale à 15 ans, maintien de l’énergie nucléaire, interdiction de la gestation pour autrui, préférence nationale.
En juillet 2016, le tribunal administratif de Montpellier interdit la mise en place d’une milice dénommée « garde biterroise » qui devait patrouiller dans les rues de la ville.
En parlant de rue, Béziers a sa rue « commandant Hélie de Saint Marc », du nom d’un militaire putschiste de la guerre d’Algérie. Cette rue a remplacé la rue du 19 mars 1962 date officielle de la fin de la guerre.
En mars 2017, le conseil municipal décide l’implantation d’une école privée hors contrat dans le quartier de la Devèze. Elle est liée à l’organisme « Espérance Banlieue » lié à la manif pour tous et qui milite ouvertement pour la rechristianisation de la France.
Autre création, celle de la mutuelle « Mon Béziers, ma santé ». Un autre identitaire Robert Ottaviani joue le rôle d’intermédiaire avec la société « Traditia » qui pilote la mutuelle municipale. Ottaviani est actionnaire de cette société, ex-chanteur de rock néo-nazi et ancien cadre du FN.
La première mandature fut aussi l’occasion de lancer sur fonds et moyens publics, un cycle de conférences baptisé « Béziers libère la parole ». Dans les faits Béziers libérait surtout la parole de toutes les composantes de l’extrême droite.
Le ban et l’arrière-ban de l’armée des croisés identitaires ont défilé à Béziers.
Selon Ménard lui-même, ces conférences visaient à : « bâtir un programme présidentiel capable d’unir tous les électeurs de droite au deuxième tour des présidentielles. Fédérer les personnalités indépendantes de la droite patriote. Ouvrir le FN/RN aux personnalités extérieures. Créer un comité national de direction stratégique avec des personnes n’appartenant pas au FN/RN ».
Cette liste de propositions est tout sauf apolitique, c’est même un concentré des propositions actuelles de l’extrême droite et de la droite extrême : c’est pourquoi il faut battre Ménard aux prochaines municipales de mars 2026.































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