« Si Parme arrive à vaincre, les subversifs de toute l’Italie vont relever la tête »

Italo Balbo, lieutenant de Mussolini, journal, août 1922,

Début août 1922, Parme est la seule grande ville italienne qui résiste à Mussolini. La grève générale nationale annoncée est annulée par peur des représailles fascistes. Parme, bastion prolétaire, se retrouve seule à résister au fascisme.

Mussolini charge son bras droit Italo Balbo d’écraser la ville insoumise. Entre 10 et 15 000 fascistes en arme venus de toute l’Italie, promettent un bain de sang à la population de Parme.

Dans Parme, Guido Picelli organise depuis plusieurs mois la défense de la ville. Il assigne des tâches précises, met en œuvre un plan de guérilla urbaine. Parme se hérisse de tranchées, de fossés, de barricades, de barbelés.

La ville est défendue par la population de la ville et une milice unitaire les « Arditi del Popolo ». Tous se préparent depuis 14 mois pour un affrontement armé frontal qu’ils savent inévitable.

Profitant, comme dans toute l’Italie, de la passivité bienveillante de l’armée et de la gendarmerie, les fascistes attaquent par vagues successives durant cinq jours. Toutes ces attaques sont repoussées. Les fascistes battent en retraite et leurs chefs décident de mettre fin à leur projet de « raser Parme ».

Sur la base de cette victoire qui stoppe l’offensive fasciste, Guido Picelli lance un appel en direction des dirigeants sociaux-démocrates, communistes et syndicaux. Il leur propose d’appliquer au niveau national la stratégie de Front unique antifasciste qui vient de réussir à Parme.

Tous font la sourde oreille et tournent le dos à l’expérience victorieuse.

Trois mois plus tard, Mussolini lance la marche sur Rome et devient Premier ministre.

 

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur Guido Picelli et la théorie du « Front Unique Antifasciste », lire l’article de Yorgos Mitralias sur son blog dans Mediapart.