L’air devient irrespirable ! Et je ne parle pas de la pollution chimique de l’air, de la sécheresse ou du climat, je parle de cette ambiance malsaine, de cette intolérance qu’on voit monter, de cette violence qui a (re)commencé à l’encontre de celles et ceux qui sont différents, surtout étrangers, mais aussi de celles et ceux qui les aident, les soutiennent, les accompagnent ! Nous sommes en train de nous empoisonner !
Ici et là, on entend d’horribles slogans « les arabes à l’abattoir » (1) , « cassez-vous les bougnoules » et d’autres amabilités à l’encontre des personnes étrangères ou supposées telles, qui font non seulement honte à l’intelligence humaine mais aussi peur pour un avenir qui semble incertain et dangereux.
Ces « étrangers » qui nous volent, violent nos filles, peuplent nos quartiers, prennent notre travail, tentent d’envahir notre territoire, comme le martèle CNews, ne sont évidemment que les boucs émissaires d’une musique bien connue depuis des siècles et qui s’appelle le racisme ! Et cette musique, internationale, se vend de mieux en mieux, par millions de clics et de like. Cette musique, interdite par la loi française, est en tête du hit parade aux États-Unis, en Argentine, en Colombie. Demain en France ? De nombreux compositeurs sont au travail, de nombreux chefs d’orchestre sont prêts avec leurs musiciens acquis à la cause à organiser des concerts et ceci dans le monde entier.
Cette musique, à la mode, c’est l’hymne de l’extrême droite, que chante à tue-tête une nouvelle génération de nazillons nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connue.
Et cette musique, on l’entend aussi à travers les dernières décisions politiques françaises et européennes concernant l’immigration, à travers le rouleau compresseur médiatique de nos chaînes d’infos, à travers les résultats électoraux des dernières municipales, à travers les décisions insensées qu’ont prises certains maires « Rassemblement National » concernant la culture ou les associations caritatives et/ou humanitaires. La pente est tellement glissante que non seulement on tente de priver de moyens financiers les associations de ce type mais on attaque maintenant les bénévoles qui distribuent des repas ou viennent en aide aux plus défavorisés.
Je connaissais la musique classique, baroque, moderne, pop/rock/hip-hop ou encore jazz/blues ou country, voici désormais la musique « nauséabonde » celle effectivement qui donne la nausée. De la musique de chambre ? peut-être mais alors de chambre à gaz !
Faut-il que celles et ceux qui défendent les valeurs qui font honneur à la nature humaine craignent pour leurs vies ?
Va-t-on assister en plein 21ème siècle, au moment où le monde bascule dans un incertain climatique, à la mort de la solidarité et de la fraternité ?
La violence serait-elle devenu le seul moyen d’expression d’une humanité qui n’aurait rien compris à son histoire ?
Le pire est-il devant nous ? Cette musique va-t-elle être la seule autorisée, la seule officielle que nous chanterons obligatoirement en toutes circonstances ? Un peu comme « Maréchal, nous voilà » pendant la période pétainiste ?
Que faire alors ? « Faire face » ? Comme un collectif biterrois vient de le proclamer (2), en tout cas, résister et continuer, ne pas se taire, ne pas se terrer ! C’est nous qui défendons les seules valeurs qui élèvent l’humanité. Soyons –en fiers !
Du coup, il ne faut pas baisser les bras : dénonçons les atteintes aux droits humains, à la liberté, à l’émancipation des personnes et des peuples parce que nous portons un autre projet, plus « noble », plus désintéressé que celui que porte cette petite musique ignoble pour ne pas revivre un nouveau « Nuit et Brouillard » de sinistre mémoire !
(1) Slogan précédé de « Marine au pouvoir »
























