Il y avait du monde en ce début de mois de juin à Tournissan, pour soutenir la vingtaine d’associations dont la Confédération paysanne de l’Aude, qui appelaient à lutter contre l’invasion de projets photovoltaïques sur sol naturel et agricole.
Plus d’une trentaine d’installations autour du village prévues, et, bien sûr, pour drainer l’électricité envisagée, un méga transformateur de RTE.
Au milieu des banderoles et panneaux revendicatifs (« Non aux méga-projets, préservation de l’agriculture, sauvegarde de la nature et des paysages des Corbières ») une photo montage qui en dit long sur la transformation d’un environnement doux en zone industrielle.
Le récent et tout nouveau maire du village, élu alors qu’il affichait déjà son hostilité au projet, a été clair « je suis contre ces surfaces démesurées de panneaux, avec leurs installations annexes, comme le poste source RTE (Réseau de transport d’électricité) et des batteries au lithium qui représentent un risque immense et inacceptable d’incendie. Je m’érige contre la volonté des groupes industriels de coloniser le territoire des Corbières dans le but de multiplier leurs profits financiers ». Daniel Spagni avait tout dit.
Pour Hervé Leferrer, vigneron et président de l’association « Développement durable en Corbières et Minervois » : « la viticulture ne sera pas sauvée par ces projets démesurés. Il ne l’aidera pas, il la remplacera. Les espèces protégées, ici, ce sont aussi les viticulteurs qui défendent leur appellation ».

La balade organisée pour nous amener sur les lieux nous a retourné l’estomac : d’un côté du chemin la colline noircie par l’incendie de 2025, de l’autre un paysage magnifique de vignes et c’est là que RTE veut détruire cet espace encore protégé pour y implanter son méga transformateur. Comme un mépris aux habitant-es, comme si l’État leur disait « votre environnement a été bousillé par le feu, autant continuer à le déduire en noircissant de panneaux ce qu’il reste et y ajouter une centrale industrielle. »
Une journée de mobilisation ponctuée de débats, d’un repas partagé au son de la Fanfare du Minervois… avec la volonté affichée de se battre et de créer un collectif départemental pour avoir plus de force et de compétences.
Dans l’Aude il ne se passe pas un jour sans que plusieurs projets soient déposés et pour beaucoup sans études d’impacts sur simple autorisation du préfet, et ce, sur des milliers d’hectares de terres agricoles ou naturelles.
























