L’avis du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), sur le projet de renouvellement de la charte du PNR Haut Languedoc, a été publié le 25 mars 2026.
Avant sa visite sur le terrain, une délégation du collectif Toutes Nos Énergies 34-81 avait été attentivement auditionnée par les deux experts du CNPN. La délégation leur a fait part des contractions et manquements du projet du PNR.
« Le CNPN émet un avis favorable au projet d’extension territoriale et de charte du Parc naturel régional du Haut Languedoc par 12 voix favorables, 5 voix défavorables et 0 abstention, sous trois réserves qui valent chacune avis défavorable si elles ne sont pas levées ».
Si les experts ont laissé sa chance à la nouvelle charte (2028-2043), ils n’en indiquent pas moins des manques à combler et des choses à rectifier.
Avant toute chose, ils pointent les prescriptions (et pressions irrespectueuses sur le vote raisonnable des élu-es) des préfets de l’Hérault et du Tarn sur le volet énergies renouvelables adressées dans un courrier particulièrement virulent au Parc. Car si ces préconisations sont adaptées hors des zones protégées elles ne peuvent s’appliquer à un PNR.
Ils rappellent la hiérarchie des missions selon le code de l’environnement : en premier, de protéger les patrimoines naturel et culturel, et les paysages, notamment par une gestion adaptée et seulement en troisième position de contribuer au développement économique.
« Il importe de hiérarchiser la mission de contribution des parcs naturels régionaux à celle fondamentale et première de protection. En conséquence, ce courrier préfectoral s’inscrit en contradiction avec ces dispositions » ajoute le CNPN qui insiste sur le fait que ce courrier préfectoral « a perturbé de façon manifeste la concertation engagée par les instances du PNR dans son processus de renouvellement de sa charte. »
Plus grave, il recommande à l’État de « réaffirmer la mission première de protection des patrimoines et des paysages au PNR. L’absence de prise en compte de cette demande de clarification pourrait conduire à s’interroger sur le maintien de ce classement concernant l’un des plus anciens PNR français ».
Après ce premier avertissement suivent trois réserves qui, si elles n’étaient pas prises en compte, rendraient l’avis du CNPN défavorable.
Réserve 1
La charte du PNR doit poser comme orientation fondamentale de mettre le territoire sur une trajectoire visant à atteindre au moins 10 % en ZPF.
Une ZPF est une zone géographique terrestre ou maritime dans laquelle les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées.
Réserve 2
Le PNR doit retravailler le zonage relatif aux espaces naturels et paysagers du territoire.
Et enfin,
Réserve 3 : elle concerne les énergies renouvelables.
Pour préserver l’essence même ce que devrait être un PNR, la contribution du PNR du Haut-Languedoc aux enjeux énergétiques doit être compatible avec sa mission fondamentale de protection du patrimoine naturel et des paysages en application de l’article R. 333-1 du code de l’environnement.
Cela doit se traduire par différentes mesures
Pour l’éolien
Le plafond de 300 mâts ne saurait être dépassé.
Les éoliennes en zone rouge doivent être soit bridées soit démantelées et déplacées en zone blanche sans dépasser la hauteur de 125 m et, et c’est souligné, dans le maintien du plafond actuel de puissance installée (à chiffrer) ce qui permettrait de diminuer leur nombre.
Cette puissance installée a été chiffrée non par le Parc, mais par les associations environnementales du territoire et transmise dernièrement au CNPN.
Les éoliennes implantées ayant un impact paysager fort et problématique doivent être démantelées prioritairement pour restaurer l’intégrité paysagère du Parc.
La taille des éoliennes doit être appréciée au cas par cas. Pas de repowering (renouvellement d’une centrale) en zone rouge et pour les autres zones, tout repowering doit être considéré comme une modification substantielle entraînant la nécessité d’une nouvelle autorisation environnementale.
Pour les suivis de mortalité, les services de l’État doivent transmettre les données au PNR. Un manquement souligné par les associations.
Pour le photovoltaïque
Ne pas généraliser l’autorisation en espaces agricoles et naturels, terrestres et aquatiques, de centrales photovoltaïques et agrivoltaïques au sol et sur plan d’eau, à l’exception des terrains pollués ou artificialisés. Le projet de charte n’interdit ces centrales que dans les zonages remarquables d’espaces paysagers et naturels. Or, la note de cadrage de la Fédération des parcs naturels régionaux du 18 décembre 2025 indique que des installations sur terre agricole, prairiale ou naturelle, ne peuvent
s’envisager que de façon exceptionnelle.
En conclusion
Le CNPN rappelle que la production d’énergie ne doit pas altérer la mission première du Parc de protection des patrimoines naturels et culturels et des paysages.
Il précise : « À défaut, le maintien du statut de PNR est en question« .






















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