Le département de l’Aude vient d’ouvrir à la consultation le marché consacré à l’exploitation des bois brûlés lors du méga-feu d’août 2025. Sans surprise le département vient d’opter pour une délégation de service public.
Les communes de Camplong d’Aude, Fabrezan, Lagrasse, Ribaute, Tournissan et St Laurent-de-la-Cabrerisse font partie d’une première zone concernée par l’évacuation des bois brûlés en août dernier.
L’évacuation du bois de cette première tranche est chiffrée à 675 000 euros pour un volume de 40 000 m3 sur une surface de 1210 hectares.
Cette première tranche ne représente que les 1/10 de la surface totale qui est chiffrée à 13 925 hectares pour un coût total de près de 6 millions d’euros.
Avec ce premier marché, le département de l’Aude programme le début des travaux pour septembre 2026.
Avant le 12 mai prochain la désignation du titulaire de la maîtrise d’œuvre doit être actée.
Ce délégataire aura pour rôle d’extraire et de commercialiser le bois brûlé.
Depuis la catastrophe de l’année dernière le département de l’Aude rêve de mettre à zéro les compteurs du coût de l’extraction du bois.
Pour cela il est prêt à abandonner ses prérogatives et la maîtrise du chantier de réhabilitation des Corbières.
Le maître d’œuvre se paierait avec le bois commercialisé, essentiellement sous forme de pellet (granulés pour les chaudières).
Quand on sait qu’il y a au total 5 500 hectares de forêts touchés touchées par le feu, dont :
- 2429 ha de forêts communales,
- 2368 ha de forêts privées,
- 295 ha de biens non délimités,
- 200 ha de biens sans maîtres . . .
L’opération s’avère juteuse mais pour le moins compliquée à réaliser.
D’autant plus que sur les plus de 2 000 propriétaires privés, 1276 possèdent moins d’un hectare, 521 entre 1 et 4 hectares et seulement 15 plus de 50 hectares.
Propriétaires privés qui doivent bien sûr donner l’autorisation au département d’extraire leur bois.
Le département mise sur l’accès à la totalité des parcelles publiques où privées pour que l’opération soit rentable pour les délégataires.
Avec un coût moyen de travaux à 35 euros / m3 et un volume approximatif total de 164 340 m3 de bois à extraire le chantier peut largement rapporter une plus-value aux délégataires de service public.
Face à de tels enjeux écologiques et financiers on peut questionner le choix du département.
D’autant plus que dans le montage général, il prend à sa charge l’adaptation d’une centaine de kilomètres de pistes à la circulation des convois qui vont y circuler. Cette charge est estimée à 1,5 millions d’euros.
Les entreprises vont venir se servir et commercialiser le bois brûlé aux frais du contribuable.
Non content d’être financièrement intéressante pour les futurs délégataires, cette décision est une très mauvaise annonce pour tous ceux qui espèrent que le département jouera son rôle dans la réhabilitation des zones sinistrées par le méga-feu.
Comment espérer qu’après avoir abandonné l’extraction, le département va assumer la réhabilitation ?
Cette question est à poser d’urgence dans toutes les communes concernées face au risque que les Corbières soient maintenus en désert calciné et minéral.
Le tiers lieu Beauregard à produit tout un travail qui permet de proposer d’autres alternatives à l’abandon public départemental.
Nous leurs donnons la parole dans l’article qui suit : suite du méga-feu des Corbières (2)
Nous invitons toutes les personnes qui souhaitent que le département de l’Aude garde la maîtrise des travaux écologiques de réhabilitation à prendre contact avec la Confédération Paysanne de l’Aude.


































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