Quand la police fait perdre son temps à la justice

par | 11 janvier 2026 | Société

Evab vous avait révélé deux sujets devant être traités par les tribunaux. L’un à Perpignan pour le journal L’Empaillé, l’autre à Millau pour une histoire de pancarte brandie lors d’une manif contre les violences policières. Ces affaires ont été jugées et nous vous informons des décisions de justice.

Jeudi 8 janvier, le tribunal de Perpignan était réuni pour juger le directeur de publication du trimestriel L’Empaillé. Motif : injures publiques envers le chef la police municipale du maire RN Louis Alliot.

Le périodique avait écrit que ce dernier avait été recruté à Paris où il était le caïd de la lutte antidrogue. Ce qualificatif avait provoqué l’ire du pandore qui avait porté plainte, secondé par le parquet qui s’était joint à l’affaire.

Le débat sur le fond aurait pu être intéressant : le mot « caïd » peut-il être considéré comme une injure publique ? Mais l’avocat de Simon (le directeur de publication) mit en avant deux problèmes de procédure pouvant entraîner l’annulation.

D’abord, le fait que le prévenu n’avait pas été informé de son droit au silence lors de l’enquête. Ainsi les droits de la défense se trouvaient bafoués.

Ensuite que le motif de la plainte n’était pas clair : portait-il sur le seul mot caïd ou sur toute la phrase dans laquelle ce qualificatif était employé ?

Les trois juges du siège après un court délibéré se référant à l’absence d’informations sur le droit au silence, annulèrent toute la procédure et Simon sortit libre.

Cette affaire succède à celle jugée à Millau en décembre dernier où deux femmes étaient poursuivies — plainte déposée par le préfet de l’Aveyron — pour avoir brandi, dans une manifestation de 2023, en réaction à une énième bavure policière, une pancarte avec le mot mACABre. L’objet du délit étant injure à la police avec le célèbre acronyme ACAB (all cobs are bastards).

Problème : les porteurs ou porteuses de la pancarte n’avaient pas été clairement identifié-es : ni témoins ni photos. Résultat, acquittement pour les prévenues.

On peut se demander pourquoi une justice totalement encombrée par les affaires perd son temps à juger ce genre de plaintes mal ficelées et ne les classe pas sans suite pour se consacrer à la réalité de la délinquance, en particulier à celle en col blanc, d’autant que ces plaintes ne sont pas déposées pour aboutir, mais plutôt pour intimider journalistes ou manifestant-es.

À Perpignan l’audience a mobilisé, hormis les deux avocats, trois juges de siège, un parquetier, une greffière et un chargé de l’audience au tribunal (sans parler de tous les actes en amont).

Ils avaient certainement mieux à faire.

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Le mot de Thierry Mathieu

2026, une année de vérité.  2025 aura été une année particulièrement rude. Dans le monde, les conflits se sont installés, les tensions se sont durcies. En France, les repères se sont brouillés, l’avenir s’est assombri. À Béziers, beaucoup ont vécu une année...

Assemblée Générale Ordinaire – Fote

Bonjour à toutes et tous, L'équipe de Fote et moi-même avons le plaisir de vous convier à l'Assemblée Générale Ordinaire de l'association. Celle-ci se tiendra le samedi 31 janvier à 10h. Un accueil café sera proposé dès 9h30 pour démarrer la journée.  L'ordre du...

Municipales : invitation café débat

Le printemps de Béziers vous invite à participer à un café débat sur les mobilités Mardi 13 janvier 2026 à partir de 18 h 30 dans son local de campagne au 58 avenue Georges Clemenceau à Béziers Le débat sera suivi d'un moment convivial autour d'une collation Printemps...

Le vivant qui se défend, encore et toujours

A part la sauvegarde de la moule perlière de l'Arn, le quart de siècle écoulé fut rude contre  le vivant dans la Vallée.  Pour sapiens sapiens d'abord. Les cancers dus au mevinphos et à l'anirex ont frappé en masse les paysans qui utilisaient ces pesticides sur les...

Au bout du fil de la presse libre

Attention un média peut en cacher un autre

Off investigation recrute des plumes d'extrême droite... et assume (Street Press)

Soutenez plutôt

Hors-série "Résister aux nouveaux fascismes" avec Salomé Saqué, journaliste à Blast (Socialter)

 

 

 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1051160
Total Users : 1051160

dimanche 11 janvier 2026, 20:15

Jean Pougnet