Rhume ou AVC ?

par | 28 octobre 2023 | Société

Posée ainsi, la question peut paraître absurde. Pourtant, Christelle Ratignier-Carbonneil, la directrice de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament a clairement posé le problème.

Le remède pourrait-il être pire que le mal ?

En effet, l’ANSM appelle désormais à ne plus utiliser les comprimés anti-rhume, des gélules que l’on prend parfois pour se déboucher le nez. Ces médicaments vasoconstricteurs par voie orale seraient susceptibles de provoquer de rares effets indésirables tels que des infarctus et des AVC.

Nous sommes en présence d’effets indésirables, liés à une trop faible dilatation des vaisseaux sanguins, mais suffisamment récurrents pour mériter une alerte :

« Des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir après leur utilisation. (…) Ces événements très graves peuvent se produire, quelles que soient la dose et la durée du traitement », détaille la présidente de l’ANSM.

« Je veux dire aux Français : ne les utilisez plus », « Mieux vaut un rhume qu’un AVC ». rajoute-t-elle au Parisien.

Pourquoi alors ne pas les interdire ?

Pourtant ces comprimés vasoconstricteurs de type Humex, Actifed, Nurofen ou encore Dolirhume ne sont que déconseillés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), mais sans décision d’interdiction pour autant à ce stade. S’ils sont si dangereux que ça, on est en droit de se demander pourquoi on les laisse en vente libre et surtout pourquoi ces médicaments ont-ils obtenu une autorisation de mise sur le marché.

En 2021, l’Agence avait déjà mis en garde les usagers de ces médicaments, souvent accessibles sans ordonnance, expliquant qu’il était nécessaire d’informer son pharmacien de ses antécédents médicaux et éventuelles contre-indications. Elle précisait également que ces produits ne devaient pas être utilisés par les enfants de moins de 15 ans et par les femmes enceintes ou qui allaitent.

« À l’avenir, on ne va pas prioriser ce médicament-là. L’ANSM nous demande de faire attention et de ne pas mettre en avant cette molécule-là », détaille Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine, sur BFMTV.

Face à ces nouvelles mises en garde, les laboratoires pharmaceutiques producteurs de ces médicaments estiment que la communication de l’ANSM est prématurée alors même que les conclusions scientifiques du comité de pharmacovigilance européen n’ont pas encore été livrées.

Un marché lucratif !

Évidemment, les industriels font valoir que le nombre de cas dans lesquels des personnes présentent des effets secondaires importants ne semble pas avoir évolué. Ils savaient donc que ces cas existaient et ils ne disaient rien !

Avec cette nouvelle alerte, la liste des médicaments « déconseillés » pour leur dangerosité ne cesse de s’allonger. Rappelez-vous le Voltarène, Smecta, Toplexil et tant d’autres …

La santé est un marché, les médicaments, un produit de consommation comme un autre pour les labos pharmaceutiques. Plus on consomme, plus leurs profits explosent. Vive la croissance… des malades !

Tous les médicaments ont des effets secondaires, mais ce sont toujours les éventuels bénéfices qui sont mis en avant par les laboratoires pour arracher une autorisation de mise sur le marché et donc rentabiliser leur produit. Dans la balance bénéfices/risques, ce sont les bénéfices qu’on surestime alors qu’on minore voire qu’on cache les effets secondaires. Le Médiator, la Dépakine et tant d’autres scandales devraient nous alerter, individuellement et collectivement, sur une dérive médicamenteuse dont l’unique objectif n’est pas la santé publique, mais la hauteur des bénéfices des laboratoires.

Alors, et surtout pour un simple rhume, pourquoi ne pas se tourner vers des méthodes plus naturelles, sans risques, et moins coûteuses pour la population.

Évidemment, un manque à gagner pour les labos ….

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