Fascisme local, fascisme national (3). Installer le fascisme

par | 19 octobre 2025 | Extrême droite

À Béziers comme à Paris, le fascisme peut s’installer sans le bruit assourdissant des bottes.

Il fut un temps où le système fasciste repérait les dissidents et les réduisait au silence. Il les envoyait en prison ou il les éliminait physiquement.

Cette méthode radicale reste bien sûr une option, mais elle démodée, car difficilement acceptable.

L’avènement mondial d’internet a introduit une nouvelle donne et le fascisme sait l’utiliser dans son propre intérêt.

Pour les fascistes, dans un monde où tout le monde prend la parole en permanence, en même temps, sur tous les sujets, à propos de tout, la difficulté c’est de faire émerger la parole du chef.

Cette difficulté n’est pas insurmontable.

La première tâche des fascistes est d’organiser le chaos des idées. Il cherche à rendre impossible de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux.

La deuxième tache est de contrôler les médias ou à défaut d’y être comme un poisson dans l’eau.

En France comme dans le monde entier les milliardaires mettent leur fortune au service du contrôle des médias et des idées fascistes.

Restent les réseaux sociaux, leur utilisation peut être très utile dans la construction d’une voie fasciste. Ce sont de véritables tribunes depuis lesquelles le chef peut s’adresser directement aux citoyens sans passer par des journalistes qui risquent de déformer son message.

Autre avantage des réseaux sociaux, le chef peut aller directement à la rencontre du peuple, en personne et sans mettre les formes. Il peut le faire sur ton grossier et soi-disant décontracté comme le maire de Béziers.

La difficulté pour le chef c’est de faire croire qu’il écoute toutes les questions. Il lui faut organiser la non-réponse pour qu’elle se perde dans le brouhaha général.

Les réponses du chef aux questions qu’il sélectionne peuvent être partagées des milliers de fois. Pour être efficaces, les messages doivent être courts, clairs et facilement mémorisables.

Le fascisme, c’est la fin des débats d’idées, la fin des enquêtes publiques, des explications politiques, des débats télévisés et des doubles pages des journaux.

Contrairement à la démocratie, l’objectif du fascisme en matière de communication n’est pas d’être compris, c’est d’être soutenu.

Les réseaux sociaux ont institué des outils qui permettent à un fasciste de mesurer l’audience qu’il a.

Pour être « liké », le fasciste produit beaucoup de messages. En règle générale, ces messages sont banals, ils tendent à instituer une relation où il y a un émetteur et un récepteur.

Pour l’émetteur, le nirvana est atteint lorsque le récepteur attend fébrilement les messages de l’émetteur.

Dans l’exemple biterrois, le maire de Béziers distille ses petites phrases choc de manière régulière. Il génère une sorte de feuilleton ou le récepteur attend frénétiquement le prochain épisode d’une série qui n’a pas de fin.

Rendre le récepteur accro aux messages envoyés est un exercice difficile, car il faut sans cesse se renouveler tout en restant dans le même créneau.

Un des thèmes récurrents des fascistes et du maire de Béziers est l’utilisation de la peur.

La repérer et la transformer en message est nettement plus efficace que de chercher à résoudre les raisons de la peur.

Le fasciste fait le pari que les récepteurs veulent qu’on les soulage de leur peur pas qu’on travaille les solutions.

Quand la logique fasciste est en place, la solution est du ressort du chef.

Si jamais il venait à y avoir un sentiment de mécontentement, le chef livre alors au peuple un ennemi à accuser.

Cet ennemi à accuser qu’il faut instituer, c’est le rendez-vous de la semaine prochaine.

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Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers