Le 2 avril 1928, voilà exactement 98 ans, naît à Paris, Serge Gainsbourg de son vrai nom Lucien GINZBURG.
Compositeur, interprète, poète, peintre, cinéaste et philosophe à ses heures, il sera tout à la fois : un artiste complet, en marge de la bonne société, en avance, toujours, en déséquilibre constant.
Tout petit déjà, Lucien Guinsburg sent qu’il n’est pas comme les autres. Issu d’une famille d’émigrés juifs Russes installés à Paris en 1921, Joseph Ginsburg, son père, est pianiste de bar et Olia Ginsburg, sa mère, chanteuse au Conservatoire Russe.
Lucien Ginsburg est élevé dans la religion des arts, en particulier la musique classique que son père joue pendant des heures à la maison. Son père exige de lui une parfaite éducation scolaire et musicale.
Menacés par la guerre, les Ginzburg quittent Paris pour Limoges. A la liberation, Lucien entre au Iycée Condorcet,.mais c’est est un élève indiscipline et il se fait renvoyer avant de passer son baccalauréat. II entre alors aux Beaux Arts en Architecture mais retourne rapidement à la peinture qu’il avait découverte pendant son exode.
Il s’inscrit au cours de dessin de l’académie Montmartre. A l’époque, il rêve de devenir artiste-peintre comme Bacon ou Léger, mais il arrête brutalement ses études de peinture, persuadé qu’il n’a aucun talent.
Il préfère se consacrer à la musique et suit alors des cours. Musicien classique c’est en voyant Boris Vian pour la première fois qu’il décide de changer de registre.
Il joue dans les cabarets comme guitariste-pianiste. Il en profite pour changer de patronyme et de prénom: GINSBURG devient GAINSBOURG et Lucien devient Serge. (il trouvait que Lucien faisait garçon coiffeur).

Il accompagne au piano Michèle Arnaud, chanteuse de cabaret. Elle découvre avec surprise ses compositions qu’elle interprète et l’incite à monter son propre tour de chant.
Avec le poinçonneur des lilas, son premier album pour lequel il reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros, le public découvre un jeune chanteur étrange, décalé, empreint d’une grande poésie.
Boris Vian le compare à Cole Porter et Marcel Aymé dit de ses chansons qu’elles ont « la dureté d’un constat ».
Il rencontre Juliette Gréco. Débute alors une collaboration qui durera tout au long de cette période « rive gauche » dont le point d’orgue sera « La javanaise » à l’automne 62.
Constamment précurseur de tous les genres, Gainsbourg donne dans l’avant-garde et le jazz puis dans les rythmes exotiques. Le succès va venir de sa collaboration avec la chanteuse France Gall et « Poupée de cire poupée de son » qui remporte le Concours de l’Eurovision en 1965.
La projection que Gainsbourg fait de ses textes à double-sens sur l’image enfantine de France Gall crée le décalage, le sommet étant atteint avec « Les sucettes » en 66.
En 1968 un événement va bouleverser et transcender sa production : sa brève mais intense histoire d’amour avec Brigitte Bardot, star mondiale à l’époque. pour qui il écrit Harley Davidson et Bonnie & Clyde. Ils enregistrent ensemble le fameux « Je t’aime moi non plus » dont Bardot bloque la sortie par peur pour sa carrière.
L’autre rencontre de sa vie, sera Jane Birkin. Leur histoire durera dix ans. La sortie ré-enregistrée avec Jane de « Je t’aime moi non plus » va faire à la fois un scandale et un tube mondial. Ils forment le couple le plus sulfureux de l’époque et le plus mythique de la rive gauche parisienne.

Gainsbourg compose la décadanse, sea, sex and sun et fait scandale. Jane birkin devient son égérie, son inspiratrice. Il lui compose des chansons magnifiques Mélodie Nelson, Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve !
Ses textes sont mélancoliques, clairvoyants et désabusés. Jeux de mots, mélodies originales et thèmes provoquants. Gainsbourg innove, dérange, séduit.
Mais en 1980 Gainsbourg-Birkin c’est fini, et ses albums introduisent un nouveau personnage public derrière lequel l’artiste se protège et joue les indélicats. Barbe de 3 jours, cheveux longs, alcool et cigarettes : Gainsbarre, personnage auto-destructeur et vulgaire, est né !.
Gainsbourg a trouvé son ultime carapace, sa sensibilité à fleur de peau sera dorénavant cachée sous les provocations médiatiques pour le plus grand bonheur des journalistes. Il enchaîne les succès et en explorateur assidu du continent féminin, il multiplie les interprètes féminines de ses créations. (Catherine Deneuve, Vanessa Paradis, Isabelle Adjani, Marianne Faithfull, Françoise Hardy, Bambou, Anna Karina, Mireille Darc, Dani ,

Serge Gainsbourg est perçu comme un génie dans un genre qu’il a pourtant toujours considéré comme mineur.
Cela ne l’empêche pas de rencontrer encore et toujours le succès avec par exemple sa reprise, jugée scandaleuse, de la Marseillaise ‘Aux Armes, etc.’. chanson qui sera interdite
L’histoire de Serge Gainsbourg, l’homme à la tête de choux s’arrête le 2 mars 1991 . IL décède d’un arrêt cardiaque à l’âge de 62 ans, « tué par Gainsbarre pour se venger de l’avoir créé » dira Charles Trenet.
Attirant et insupportable, charismatique et léger, grave et cynique, Gainsbourg était un poète avant tout. Ceux qui l’ont approché ont été émus, fascinés par cet être tourmenté, libre et sincère
Aujourd’hui, Jane Birkin est elle-aussi décédé mais Charlotte et Lulu Gainbourg poursuivent chacun de leur côté une carrière musicale. …
.. Mais c’est une autre histoire !


































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