Après Narbonne l’année dernière, le RN a monté son barnum présidentiel à Mâcon. Ces nouveaux rendez-vous annuels sont l’occasion de transformer le 1er mai en fête du Travail.
Dans sa volonté de s’opposer aux syndicats et partis internationalistes, ce n’est pas le métier d’origine de Jeanne D’Arc (bergère) qui intéresse l’extrême droite.
L’extrême droite n’a cure du métier d’origine de sa « libératrice nationale ».
Ce qui l’intéresse, c’est d’opposer à l’internationalisme le nationalisme.
Pour donner corps à ce nationalisme version RN, M. Le Pen entreprend depuis plusieurs années, chaque 1er mai, une tournée des popotes nationalistes aux quatre coins de la France.
Sans surprise, les contours de ce nationalisme en gestation avant les présidentielles, devient celui de la fête du Travail (et plus celui des travailleurs et des travailleuses).
Il s’inscrit en cela dans une longue histoire, celle du fascisme.
En Italie, le 1er mai est supprimé au cours de la période fasciste. Il est remplacé par la « Fête du Travail italien », chaque 21 avril, jour supposé de la fondation de Rome.
En Allemagne, la : « Fête nationale du peuple allemand » ou « Journée du Travail », remplace à partir de 1934 la journée internationale des travailleurs. Dès la prise de pouvoir de 1933, la célébration du 1er mai est liée à l’écrasement des syndicats libres, leur interdiction et la confiscation de tous leurs biens.
En France, le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure le 1er mai comme « fête du travail et de la concorde nationale », il applique sa devise « travail, famille, patrie » et débaptise la fête des travailleurs qui faisait trop référence à la lutte des classes.
Fêter, célébrer la valeur Travail, inventer un soi-disant intérêt commun entre les patrons du CAC 40 et les ouvriers, fonctionnaires, salariés, étudiants, chômeurs et retraités reste une constante de l’extrême droite et de la droite extrême.
À Mâcon, le RN a une nouvelle fois opposé le travail à « l’assistanat » et l’a érigé comme un horizon indépassable.
M. Le Pen y a ainsi dénoncé « l’assistanat endémique, entretenu et encouragé par tous les gouvernements successifs ». Preuve que le message est reçu 5 sur 5 par la base RN une militante a alors crié en plein meeting « Au boulot ! ».
Quand on connaît les attaques successives subies par les travailleurs et travailleuses depuis plusieurs décennies on imagine très bien quels monsieur ou madame plus vont être Bardella et Le Pen s’ils sont élus aux prochaines présidentielles.
Leur objectif c’est d’unir « les travailleurs courageux » et « les entrepreneurs audacieux » comme ils le rappelaient à la tribune.
Cet objectif s’oppose aux fondements historiques du 1er mai.
Le 1er mai est devenu la fête des travailleurs et travailleuses du monde entier à la suite d’une lutte internationale pour la journée de 8 heures marquée par les évènements de Chicago en 1886.
La deuxième internationale socialiste en fait en 1889 une journée mondiale de lutte.
Cette mondialisation à permis que le 1er mai devienne un jour férié en France dans l’entre-deux guerres.
L’objectif que les luttes internationales puissent servir à tous les travailleurs et travailleuses diffère de l’objectif nationaliste.
Le RN l’a prouvé au niveau local :
- En annulant la cérémonie du 1er mai à Liévin dans le Nord.
- En privant de locaux municipaux plusieurs syndicats qui avaient manifesté dans Carcassonne.
Afin d’enfoncer le clou, le maire de Perpignan (et vice-président du RN) disait en guise d’avertissement à Mâcon, « Ce que nous avons commencé à faire à l’échelon municipal, nous sommes prêts à le faire au plus haut niveau de l’État ».
Une phrase que peut sans aucun doute reprendre à son compte, le maire de Béziers.
PS : histoire d’annoncer la couleur, le RN a rebaptisé le premier mai « Fête de la nation » à Mâcon le 1er mai 2026




























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