Le 14 mai 1897, voilà exactement 129 ans, naît à la Nouvelle Orléans Sidney Bechet, saxophoniste, clarinettiste et compositeur américain.
Il a grandi au sein d’une famille créole aisée. C’est à l’âge de 6 ans, soufflé par les brises du jazz de l’époque, qu’il se met pour la première fois à la clarinette et se révèle rapidement un virtuose…
Véritable autodidacte, mais guidé parallèlement par son frère, il s’y trouve facilement une véritable passion et, décidé à devenir un musicien professionnel, il va étudier auprès de grands clarinettistes de la Nouvelle Orléans
Bechet fut très tôt engagé dans les meilleurs orchestres de la ville. Son style inimitable et son sens du rythme à la clarinette ou au saxophone soprano, firent de lui le pilier de ces formations. Maître de l’improvisation bien avant l’heure, il joua très tôt aux côtés des plus grands.

C’est l’artiste et manager Clarence Williams qui prit le premier la mesure du talent de Bechet et imagina son possible succès populaire. Au départ, Bechet accompagnait surtout des musiciens de blues mais celui-ci projetant de l’enregistrer aux côtés de Louis Armstrong , le grand trompettiste de jazz de l’époque.
Il en résulte quelques titres de blues jazz dans le milieu des années 20, qualifiés de véritables chefs-d’œuvre.
Premières prestations live, premiers succès, Sidney Bechet se fait facilement connaître sur la scène du jazz
En 1917, il quitte la Nouvelle Orléans pour Chicago puis pour New York en 1919. Cette année-là il fait une tournée en Europe : Londres et Paris,

De retour à New York, en 1921, il se consacra de plus en plus au saxophone soprano, un instrument de musique avec lequel il réchauffera le public à partir des années 20, à travers le son palpitant du fameux « vibrato ». Il joua quelques mois avec Duke Ellington. Les premiers enregistrements de Sidney Bechet datent de 1923.
Nouvelle tournée en Europe en 1925 avec la revue Nègre qui lança Joséphine Baker.
Au cours de sa période parisienne, un différend désormais fameux opposa Sydney Bechet et un musicien concurrent. Le clarinettiste n’ayant pas froid aux yeux, le conflit se régla à coups de pistolet ! Trois personnes furent blessées et Bechet passa une année entière dans une cellule française, derrière les barreaux. Expulsé du pays à sa libération, il trouve refuge en Allemagne et c’est à Berlin qu’il retrouvera ses marques, malgré la déception de ne plus pouvoir retourner à Paris.
Le succès aidant, il fait un retour triomphal en France au Festival de jazz de Paris en 1949 et se fixera définitivement à Paris jouant le plus souvent avec Claude Luter dont je vous recommande les enregistrements.
Après avoir triomphé au Festival de Jazz de Paris à l’orée des années 50, Sidney Bechet enchaîne avec plusieurs chefs-d’œuvre. Parmi eux, on ne peut entre autres ignorer la « Petite fleur », l’un des grands succès mondiaux de l’artiste, ou encore « La nuit est une sorcière », une partition de danse.
Sidney Bechet joue également aux côtés du jazzman Max Miller, notamment sur scène et en studio, mais les œuvres issus de cette collaboration ne seront pourtant jamais dévoilés sur un disque officiel.
Tandis qu’il enregistre coup sur coup ses plus grands disques, les ventes progressent considérablement et son succès augmente. L’Olympia, salle Pleyel… il ne cesse de jouer -à cette époque Edith Piaf fait moins de recette que Sidney-
C’est dans les années 50, à Paris, que Sidney Bechet connaît des problèmes respiratoires, et partira plusieurs fois à Saint-Honoré-Les-Bains pour se soigner. Dès sa première cure, en 1956, Sidney, apprécie cette jolie station thermale et s’y fait de nombreux amis.
Malheureusement on découvrira un cancer des poumons. Il s’éteindra Le 14 mai 1959 à Garches, où il est enterré. Son enterrement fut des plus émouvant, tous les grands musiciens de jazz y étaient, le cœur triste, ils savaient qu’une légende venait de s’éteindre. Bechet fut réellement l’un des plus grands solistes du jazz des origines. Il a vécu une vie riche en événements et en rebondissement et laisse derrière lui une multitude d’enregistrements et de compositions, toute une richesse musicale à exploiter.

Parmi ses succès à à la clarinette citons Blues in thirds (1940), Saint Louis Blues (1944), au saxo soprano Jelly Roll (1945)
Bechet est le seul musicien de jazz à avoir atteint la perfection en tant que saxophoniste soprano. Son style spectaculaire et plein d’une superbe assurance se caractérise par un vibrato généreux, une mélodie ondulante et des cascades d’arpèges exécutées avec fougue et passion.
Son vocabulaire harmonique relativement simple s’allie à une technique accomplie bien que très personnelle, lui permettant d’obtenir ce que la plupart de ses auditeurs ont considéré comme un chef d’œuvre de simplicité.
Tant au saxophone qu’à la clarinette Béchet possède une sonorité ample et il fait preuve d’une force d’exécution remarquable.
Bechet a participé avec d’autres à l’ascension des anches dans le jazz : Parker, Coltrane, Stan Getz, Sonny Rollings, Ornette Coleman ou encore Archie Shepp …
… mais c’est une autre histoire !
Écouter la version audio avec illustration musicale :



































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