Les feux de forêt ont pris depuis quelques années une ampleur inédite : nous sommes désormais confronté-es partout dans le monde, à des mégafeux.
Il suffit d’aller dans les Corbières pour se rendre compte de la puissance destructrice d’un feu, pour constater qu’un feu détruit tout sur son passage, la nature, la faune, la flore, les habitations, la vie dans son ensemble.
Pour nombre d’entre nous le mégafeu des Corbières a agi comme révélateur l’été dernier, comme symptôme spectaculaire du réchauffement climatique qui sévit sur l’ensemble de la planète.
En 2017, le Groenland a brûlé, des plaines enneigées ont pris feu.
En 2018, c’est le tour de la Lettonie et de la Suède, jusqu’au cercle polaire. Des dizaines d’hectares de lande britannique partent en fumée.
En 2019, ils consument la Californie, la Grèce, l’Australie, le Canada, la Catalogne …
Les mégafeux sévissent dans l’hémisphère sud et l’hémisphère nord ils ne connaissent plus de « zones naturellement propices » ni de frontières.
Les feux de forêt sont des phénomènes que l’on connait depuis toujours. Mais leur ampleur est telle qu’ils semblent avoir changé de nature.
L’incendie de la « forêt » de Notre-Dame à Paris est révélateur du choc provoqué. Des spectateurs médusés, réduits au silence au milieu d’une foule tétanisée qui était comme partout dans le monde dans l’impossibilité de penser ce qui se passe.
Après l’incendie, en ville comme à la campagne, prédomine un sentiment de fin du monde.
Entre 85 et 98 % des feux seraient provoqués par des êtres humains négligents, imprudents ou criminels, mais ils engagent la responsabilité de tous les êtres humains.
Passé l’allumette, le mégot ou l’accident, les flammes trouvent un terrain propice favorisé par le réchauffement climatique.
Selon un rapport des Nations-Unies de 2022, le nombre de feux de forêt pourrait augmenter de 14 % d’ici à 2030 puis de 30 % en 2050, et jusqu’à 50 % à la fin du siècle.
L’impact sur la biodiversité, la santé, les équilibres économiques et sociaux serait catastrophique. L’ère du pyroxène, celle des ruines et des cendres, serait à l’horizon.
Une fois qu’un mégafeu est parti, il est impossible de la maîtriser, il est donc urgent de cesser :
- De minorer la prévention,
- De dévaloriser les compétences variées des lanceurs d’alerte (forestiers, riverains, écologues, physiciens, éleveurs, pompiers, agriculteurs, …) sur le terrain.
Il est tout aussi urgent de limiter le changement climatique, de reconstruire notre rapport au monde, de pluraliser les analyses, les faire dialoguer entre elles.
Il faut à l’inverse des climatosceptiques opter en pensée et en acte pour la transition écologique et démocratique
Cette série d’articles est une recension du livre de Joëlle Zask « Quand la forêt brûle » paru aux éditions » Premier Parallèle poche » en 2022, il est vendu au prix de 9,90 €. Je vous en recommande la lecture et l’achat.



















