Face à la montée de l’extrême droite et à la mollesse des sociaux-démocrates, les électeurs de gauche semblent privilégier une certaine radicalité.
En Allemagne, Heidi Reichinnek, 37 ans, coprésidente du groupe parlementaire du parti Die Linke au Bundestag, se bat pour une gauche radicale et y arrive : c’est avec un discours puissant et ferme contre une motion pour une politique migratoire dure, déposée par les conservateurs et votée avec le parti d’extrême droite « Alternative pour l’Allemagne » (AFD), qu’elle a su mobiliser l’électorat de son parti et multiplier le nombre d’adhésions.
Répondant aux questions de Médiapart elle explique pourquoi cette gauche plus radicale est entendue :
« (il faut) parler de justice sociale, de loyers décents, d’un coût de la vie abordable, et le répéter jusqu’à ce que tout le monde ait compris.
Nous avons aussi refusé de participer aux débats fourre-tout où migration et politique de sécurité sont mélangées sans discernement.
Nous avons enfin massivement fait le choix d’une campagne électorale de proximité, avec énormément de porte-à-porte, des stands d’information, des activités sociales de type “cuisine pour tous” (on pense à la Cimade !), des permanences sociales dans les quartiers. Nous avons aussi créé un calculateur de loyers abusifs en ligne, très utilisé ».
Au Danemark, aux élections municipales de novembre 2025 la gauche radicale a détrôné, pour la première fois depuis 120 ans, les sociaux-démocrates, perdant la mairie de la capitale danoise, Copenhague, au profit de partis plus à gauche.
À savoir la Liste d’unité (EL, aussi appelée liste rouge-vert), qui est le premier parti de la capitale avec 22 % des voix, et le Parti populaire socialiste (SF), qui est le grand gagnant du scrutin avec 17,9 % des voix, soit sept de plus que quatre ans plus tôt.
Au Danemark, certes les jeunes et étudiant-es se sont mobilisé-es, mais aussi les étrangers détenteurs d’une carte de séjour, qui peuvent voter.
Enfin, aux États-Unis, on sait pourquoi Zohran Mandani a été élu maire de New York : le candidat démocrate s’est situé à la gauche de son parti, plus radical qu’Obama.
Côté programmes, ils ressemblent tous fortement à celui de notre NFP : développer les services publics, augmenter les salaires, imposer les plus riches, encadrer les loyers, etc.
Que dire pour la France ?
En juin 2025, à deux ans de la présidentielle, Ipsos, le Nouvel Obs et la Fondation Jean-Jaurès avaient interrogé un groupe d’électeurs de gauche, sympathisants du Parti socialiste, de la France Insoumise, et des Écologistes. Deux tendances émergeaient :
LFI perçue comme affirmée et clairement identifiée. Le PS jugé flou, parfois inaudible.
« La France Insoumise est une puissance d’affirmation, le Parti socialiste ne dit plus rien », commentait un des sondés. Mais les électeurs de gauche restent attachés à l’union.
En ce mois de février 2026, Les Échos sortent un sondage qui révèle que l’image des députés socialistes qui ont négocié avec le gouvernement s’écorne auprès des sympathisants de gauche. Les figures plus radicales font leur trou, précise le journal.
Par contre, Olivier Faure qui a mené les négociations avec le Premier ministre, chute de 9 points avec 27 % d’image positive auprès des sympathisants de gauche, mais en gagne 4 chez les macronistes…
Qu’en conclure ? Qu’on souhaite en France une gauche qui revienne à ses fondamentaux et à la belle aventure du Nouveau Front Populaire. Et si face à la montée de l’extrême droite et à la mollesse des sociaux-démocrates, une gauche plus radicale pouvait nous sortir de la panade ?
































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