Béziers (9). Un maire apolitique ? (deuxième mandature)

par | 18 janvier 2026 | Politique locale

La deuxième mandature de R. Ménard correspond à un changement de stratégie locale et nationale. Six ans après, elle se révèle tout aussi politique que la première.

À Béziers, les séances du conseil municipal donnent invariablement droit à la même tirade.

Quand il est en difficulté, le maire tance ses opposants et leur reproche de « faire de la politique ».

Il rajoute souvent : « de la politique politicienne », ce qui pour lui frise le dédain ultime.

Pour R. Ménard faire de la politique politicienne, c’est faire de la politique qui ne marche pas, de la politique inefficace.

Ce jugement est bien sûr un jugement de valeur entre une politique qu’il juge efficace (la sienne), et une politique qu’il juge inefficace (celle des autres).

Au-delà des effets de manche, l’autosatisfaction du maire repose sur ce qu’il estime être des succès remportés.

Des succès au niveau national bien sûr, le seul qui compte pour lui.

Le problème c’est que ces succès sont tous d’essence politicienne.

Après une première mandature où  il a tenté de se positionner au cœur de l’extrême droite institutionnelle et groupusculaire (voir article précédent), le maire de Béziers a tenté de devenir incontournable entre la droite et l’extrême droite.

Pendant ces 6 dernières années Ménard aura ainsi courtisé Dupont-Aignan, De Villiers, Zemmour, Bellamy, Retailleau, Darmanin, Philippe, Le Pen tante et nièce et bien sûr Macron.

Chaque échéance électorale l’aura vu changer de cheval de Troie.

Certains ex-amours électoraux conservent un souvenir amer de l’idylle avec le maire de Béziers. C’est particulièrement le cas de Zemmour, de Dupont-Aignan et à un degré moindre de Le Pen tante et nièce.

Pas seulement parce qu’il est difficile d’être trompé, mais parce qu’il est difficile d’accepter d’avoir été utilisé.

Quand il tire des bords entre tous les ports d’attache de la droite et de l’extrême droite, Ménard navigue en solitaire, à la limite de la piraterie.

Son but est de capitaliser sur lui-même, au point de devenir incontournable.

Malgré ses efforts depuis deux mandatures, le maire de Béziers est loin d’être devenu incontournable.

C’est surtout un électron libre entre la droite et l’extrême droite.

En politique, les électrons libres ne sont rassurant pour personne, par contre ils font circuler des particules.

Les particules que fait circuler Ménard aujourd’hui entre la droite et l’extrême droite sont celles de l’union des droites.

Rapprocher Le Pen, Retailleau, Philippe, Zemmour, reste son objectif.

Pour atteindre cet objectif, Ménard joue le rôle de pontonnier.

S’il le pouvait il construirait des autoroutes, mais pour le moment il est réduit au rôle de pontonnier.

Cette union politique est en partie réalisée à Béziers.

Pour les élections municipales à venir, Ménard n’aura pas d’adversaire à droite.

Il aura un pseudo adversaire à l’extrême droite, le candidat du RN.

Cette bascule par rapport à la situation de 2020 (il y avait une candidature LR contre Ménard, tandis que le RN le soutenait), dit une chose : l’union des droites est loin d’être un long fleuve tranquille.

Dans ce contexte, le rôle de la gauche est de ne pas faciliter la tâche du pontonnier local.

Ça passe obligatoirement par une fusion des listes et des programmes des 3 listes de gauche.

Il est en effet politiquement impossible de s’opposer à un processus de recomposition par un éparpillement.

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Municipales 2026 : Béziers ville Insoumise !

Avant de parler du présent et de l’avenir, il est essentiel de se souvenir d’où nous venons. Béziers porte dans son histoire un héritage profondément populaire et insoumis. De la résistance au coup d’État de 1851, où des Biterrois et Biterroises se sont levés pour...

Nous réaffirmons la nécessité de l’antifascisme aujourd’hui

« Notre engagement politique ne peut être qu’antifasciste. Cela implique de ne plus céder aux cadrages de l’extrême droite ». Isabelle Stengers, Médine, Ugo Palheta, Sophie Wahnich, Georges Didi-Huberman, Fatima Ouassak, ainsi qu'un large ensemble de soutiens,...

À LA MODE PÉTAIN

Obsédés par la chasse anti-LFI, une partie de la classe médiatico-politique conservatrice a encouragé un défilé néonazi dans les rues de Lyon, alors que, même la famille de Quentin Deranque, le jeune militant d’extrême droite tué dans la rixe, s’est désolidarisée de...

Printemps de Béziers – Café débat sur la condition animale

Bonjour, Le Printemps de Béziers organise un café-débat consacré à la condition animale, un enjeu éthique, social et écologique majeur pour notre ville. Mardi 3 mars 2026 à 18h30 58 avenue Georges Clémenceau – Local du Printemps de Béziers – 34500 Béziers Nous aurons...

Au bout du fil de la presse libre

Des médias pour s'armer contre l'extrême droite

 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1069304
Total Users : 1069304

mercredi 4 mars 2026, 22:17

Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers