La deuxième mandature de R. Ménard correspond à un changement de stratégie locale et nationale. Six ans après, elle se révèle tout aussi politique que la première.
À Béziers, les séances du conseil municipal donnent invariablement droit à la même tirade.
Quand il est en difficulté, le maire tance ses opposants et leur reproche de « faire de la politique ».
Il rajoute souvent : « de la politique politicienne », ce qui pour lui frise le dédain ultime.
Pour R. Ménard faire de la politique politicienne, c’est faire de la politique qui ne marche pas, de la politique inefficace.
Ce jugement est bien sûr un jugement de valeur entre une politique qu’il juge efficace (la sienne), et une politique qu’il juge inefficace (celle des autres).
Au-delà des effets de manche, l’autosatisfaction du maire repose sur ce qu’il estime être des succès remportés.
Des succès au niveau national bien sûr, le seul qui compte pour lui.
Le problème c’est que ces succès sont tous d’essence politicienne.
Après une première mandature où il a tenté de se positionner au cœur de l’extrême droite institutionnelle et groupusculaire (voir article précédent), le maire de Béziers a tenté de devenir incontournable entre la droite et l’extrême droite.
Pendant ces 6 dernières années Ménard aura ainsi courtisé Dupont-Aignan, De Villiers, Zemmour, Bellamy, Retailleau, Darmanin, Philippe, Le Pen tante et nièce et bien sûr Macron.
Chaque échéance électorale l’aura vu changer de cheval de Troie.
Certains ex-amours électoraux conservent un souvenir amer de l’idylle avec le maire de Béziers. C’est particulièrement le cas de Zemmour, de Dupont-Aignan et à un degré moindre de Le Pen tante et nièce.
Pas seulement parce qu’il est difficile d’être trompé, mais parce qu’il est difficile d’accepter d’avoir été utilisé.
Quand il tire des bords entre tous les ports d’attache de la droite et de l’extrême droite, Ménard navigue en solitaire, à la limite de la piraterie.
Son but est de capitaliser sur lui-même, au point de devenir incontournable.
Malgré ses efforts depuis deux mandatures, le maire de Béziers est loin d’être devenu incontournable.
C’est surtout un électron libre entre la droite et l’extrême droite.
En politique, les électrons libres ne sont rassurant pour personne, par contre ils font circuler des particules.
Les particules que fait circuler Ménard aujourd’hui entre la droite et l’extrême droite sont celles de l’union des droites.
Rapprocher Le Pen, Retailleau, Philippe, Zemmour, reste son objectif.
Pour atteindre cet objectif, Ménard joue le rôle de pontonnier.
S’il le pouvait il construirait des autoroutes, mais pour le moment il est réduit au rôle de pontonnier.
Cette union politique est en partie réalisée à Béziers.
Pour les élections municipales à venir, Ménard n’aura pas d’adversaire à droite.
Il aura un pseudo adversaire à l’extrême droite, le candidat du RN.
Cette bascule par rapport à la situation de 2020 (il y avait une candidature LR contre Ménard, tandis que le RN le soutenait), dit une chose : l’union des droites est loin d’être un long fleuve tranquille.
Dans ce contexte, le rôle de la gauche est de ne pas faciliter la tâche du pontonnier local.
Ça passe obligatoirement par une fusion des listes et des programmes des 3 listes de gauche.
Il est en effet politiquement impossible de s’opposer à un processus de recomposition par un éparpillement.



































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