Municipales Béziers : la recomposition prime sur l’union

par | 18 janvier 2026 | Politique locale

Une semaine après la publication d’un appel à unir les forces progressistes la sentence vient de tomber : ce sera la recomposition plutôt que l’union.

7 janvier 2026, T. Antoine tête de liste du « Printemps de Béziers » lance un appel au rassemblement des forces progressistes aux prochaines municipales.

12 janvier 2026, T. Mathieu tête de liste de « Rassembler Béziers » décline l’invitation au nom d’une indépendance vis-à-vis des partis politiques.

15 janvier 2026, W El Jarrari et D. Ocard, binôme de liste LFI déclinent à leur tour la proposition au nom d’une indépendance vis-à-vis de Place Publique.

En une semaine chrono, ce que nous redoutions depuis plusieurs mois est confirmé. Il n’y aura pas de liste rassemblant les forces progressistes face à l’extrême droite.

Cette décision que les Biterrois vont subir est un non-sens politique.

Au niveau local, l’extrême droite est donnée gagnante au premier tour avec des intentions de vote qui dépassent les 60 %.

La gauche unie est créditée d’un socle de 30 % au premier tour. Seul ce socle peut permettre de viser le second tour et de s’immiscer, voire gagner, dans un duel Ménard / Gabarron dans le cadre d’une triangulaire.

Faute de dynamique unitaire, toutes les composantes d’une gauche éparpillée sont données sous la barre des 10 %. Ce qui peut les empêcher d’être au deuxième tour.

Si tel est le cas elles risquent de disparaître du conseil municipal ou de compter au mieux un ou deux élus.

Dans ces conditions jouer la défaite collective est un choix pour le moins intriguant.

Les raisons de ce choix le sont d’autant plus.

T. Mathieu souhaite « Rassembler Béziers » mais il veut le faire sans les partis politiques. Dans les faits ça revient à se priver d’une partie des forces biterroises.

LFI ne veut pas de Place Publique et Place Publique ne veut pas de LFI. Là aussi il faut rappeler une évidence, ce qui se joue aux municipales ce sont les municipales pas les présidentielles.

Le maire de Béziers ne sera ni Gluksman, ni Mélenchon.

L’impossibilité de s’entendre pour gérer une ville est un très mauvais signal envoyé par ceux qui veulent gouverner. Il faudra qu’ils expliquent comment ils comptent construire la majorité nécessaire pour gérer un pays.

La division qui va prévaloir aux prochaines municipales ne va faire que creuser davantage les fossés entre trois approches qui auraient pu n’en faire qu’une.

C’est regrettable pour les citoyens biterrois qui subissent au quotidien les choix de l’extrême droite.

C’est regrettable pour les associations qui tentent de maintenir une vie sociale et culturelle différente dans la ville de Béziers.

Elles doivent malheureusement se préparer à travailler dans l’adversité pendant une nouvelle mandature. Elles continueront à faire face à une municipalité hostile qui fait tout pour contraindre voire empêcher leurs différentes activités.

Nous espérions de la bienveillance nous aurons de l’adversité.

Le drame ultime, c’est que la liste progressiste qui finira en tête du tiercé perdant le sera de quelques points de pourcentage.

C’est cher payé, très cher payé, pour une recomposition politique.

Les Biterrois ne méritaient pas qu’on leur impose cette situation.

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mercredi 4 mars 2026, 22:17

Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers