On peut regretter avec le NPA que l’Union populaire ne concrétise pas une rupture radicale avec le libéralisme en s’alliant avec le Parti socialiste. Il eût fallu pour cela que les conditions politiques permettent cette radicalité. Or le 2ème tour de la présidentielle a imposé pour la seconde fois un candidat libéral autoritaire et une candidate d’extrême droite. On peut se réjouir dans ces conditions que l’Union populaire permette aux forces de gauche de reprendre confiance en leur capacité à répondre à l’urgence sociale et écologique qui est la nôtre. Les vétérans du PS, atteints du syndrome de Stockholm, singent depuis trop longtemps les tenants du libéralisme autoritaire au nom d’un pragmatisme de mauvais aloi. Remettre en question leur héritage et leur reprendre le bâton de parole n’était pas imaginable il y a encore quelques semaines.

Notre département comme notre région en sont un bon exemple. On pourrait penser qu’un Delafosse, un Mesquida et une Delga constituent un rempart contre l’extrême droite ou contre le macronisme. Or leurs pratiques politiques ont des colorations souvent bien inquiétantes. À leur examen on comprend mieux leur aversion pour la France insoumise.

Pour prendre le simple exemple du président du département on se rappellera que l’Hérault s’est particulièrement signalé dans la poursuite judiciaire des jeunes mineurs étrangers isolés (1).  Montre-moi tes dents, mais t’as au moins 20 ans toi, tu as fais des kilomètres à pieds pour sortir de la misère ? ce n’est pas une raison pour prétendre que t’es mineur, allez hop case prison, tu verras elles sont plus cool qu’en Lybie.

Adhésion également au contrôle généralisé des populations et atteinte aux libertés avec le vote en 2015 du député Mesquida en faveur de la loi relative au renseignement, où se dessinait déjà une confusion entre la lutte contre le terrorisme et la criminalisation des luttes (2). La tentative de dissolution du groupe antifasciste du Gale en est une illustration récente.

Côté gouvernance, à l’intérieur des services du département, on le sait, les pratiques managériales révèlent des dérives graves, comme le révélait une enquête de Médiapart au printemps 2021, notamment à l’égard des femmes. Le président lui-même est attaqué pour son autoritarisme et a été accusé de violences sexuelles. Les représentants syndicaux n’ont eu de cesse de dénoncer son « management autocratique » (3). Cela leur a valu cette année la perte de leurs subventions départementales. Kléber Mesquida est le seul président de département à avoir pris une telle décision.  C’est qu’ils nous emmerdent tous ces syndicalistes à défendre les salariés.

Côté culture la reprise en main de ce lieu d’intelligence qu’était Sortieouest dans le biterrois pour en faire un grand centre du divertissement comme – côté nature - de grands chantiers inutiles et nuisibles comme le projet de contournement routier du Lien au nord de Montpellier impactant 70 hectares de biodiversité, sont révélateurs d’un projet de société totalement anachronique avec les enjeux immédiats (4°. "Allez, Niquons la planète", comme dirait HK.

Vous l’aurez compris, chers auditeurs et auditrices, la petite chroniqueuse que je suis espère que les forces de gauche reprennent du terrain et nous permettent de renouer avec l’intérêt général. Même Robert Ménard le dit : aïe aïe ils arrivent.  C’est drôle il utilise les mêmes arguments que Carole Delga : la FI serait communautariste, anti européaniste, indifférente à l’Ukraine. Mais ni l’un ni l’autre ne roulent pour Macron. Allez, mon antidote du mois : un gros appel d’air ! 

 

 (1) Médiapart : "Comment l'Hérault envoie les mineurs isolés en prison", Nicolas Chevassus-au-Louis, 19 juin 2018

(2) Montpellier Journal : "Les huit députés de l'Hérault qui ont voté la loi relative au renseignement", Jacques-Olivier Teyssier, 5 mai 2015

(3) Médiapart : "Au département dans l'Hérault, les femmes dans le viseur", Prisca Borrel, 22 juin 2021 et Libération : "Des agents départementaux sous pression dénoncent un "management autocratique"", Solange de Fréminville, 9 octobre 2021

(4) Reporterre : "Près de Montpellier, un contournement routier va gober la garrigue", Lorène Lavocat et David Richard, 16 et 21 décembre 2021