Dossier Asturies 1934 : avant la guerre civile, la guerre sociale (4e et dernier épisode)

par | 6 octobre 2024 | Société

L’insurrection lancée en octobre 1934 pour éviter l’instauration d’un régime fasciste va échouer au niveau national par manque d’organisation et d’unité. Dans les Asturies, l’insurrection va se transformer en commune grâce à la solidarité des mineurs.

Épisode 4 : le déclenchement de l’insurrection d’octobre

La gauche a objectivement toutes les raisons de craindre qu’un nouveau gouvernement avec la CEDA impose un régime fascisant.

L’état d’urgence a été déclaré pendant 222 jours des 315 jours du gouvernement d’extrême centre. 60 des 93 jours de normalité institutionnelle ont coïncidé avec la période électorale de novembre 1933.

Pendant toute cette année, la censure imposée à la presse, les amendes et saisies de journaux, la limitation de la liberté d’association, la déclaration d’illégalité de presque toutes les grèves, la protection des activités fascistes, l’élimination des conseils municipaux bien que ressemblant à une forme de « terreur blanche » ont été dénoncées comme « des mesures faibles » par Gil Robles.

Pendant cette répression, le comité révolutionnaire de Largo Caballero n’a rien prévu pour prendre le pouvoir. Les « milices révolutionnaires », à l’inverse des Soviets, n’ont ni structure nationale ni structure locale.

Le 3 octobre 1934, quand Largo Caballero apprend qu’un gouvernement est en passe d’être formé avec la participation de la CEDA, il n’en croît pas un mot et ordonne qu’aucune mesure ne soit prise pour déclencher le mouvement.

Même lorsqu’il n’est plus permis de nier la nouvelle, il admet avec réticence qu’il n’a pas le choix et que la « révolution » doit être lancée.

Le 4 octobre 1934, pour laisser le temps au Président Zamora de refuser le nouveau gouvernement, les dirigeants du syndicat UGT accordent 24 heures de préavis.

Au niveau politique, la proposition des trotskystes du POUM et des anarchistes de la FAI de participer dans un cadre unitaire à une action révolutionnaire est refusée sans appel par les socialistes.

Le nouveau gouvernement a les coudées franches pour arrêter les leaders ouvriers et incarcérer les membres de la police et de l’armée jugés suspects.

Les leaders socialistes qui parviennent à échapper aux arrestations se cachent, comme Largo Caballero, ou s’exilent comme Prieto.

Leurs partisans attendent des instructions, faute d’en recevoir en moins d’une semaine la grève s’étiole.

En Catalogne, où anarchistes, trotskystes et autres groupes de gauche collaborent avec les socialistes au sein de l’Alliance ouvrière les évènements prennent une tournure spectaculaire.

Beaucoup de comités locaux s’emparent de leur village et attendent des instructions qui ne viennent pas.

Dans la capitale catalane, Companys, le Président de la Generalitat déclare un État indépendant, mais refuse de donner des armes à la classe ouvrière.

Dans les Asturies il en va autrement. Dès que la nouvelle de l’entrée de la CEDA au gouvernement se répand dans les vallées minières, le 4 octobre en fin d’après-midi, les mineurs prennent leur destin en main.

La solidarité des mineurs ayant surmonté toutes les divisions, toutes les forces de gauche sont unies au sein de l’Alliance ouvrière.

Elles vont écrire l’histoire de la commune des Asturies dont nous fêtons le 90ième anniversaire.

Commune des Asturies dont Robert va vous raconter l’histoire et le déroulement.

 

(Cette série d’articles est rédigée à partir d’extraits de lecture du livre de Paul Preston – souvent cité dans ces colonnes – « Une guerre d’extermination » édité aux éditions Belin en 2017 et en collection poche en 2020. Je vous en recommande vivement la lecture intégrale.)

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Pour emmerder la droite jusqu’à la gauche votez Blondeau !

Le slogan de campagne de la liste LFI de Saint Pons décline ainsi trois robustes évidences. - Mieux vaut en rire, des Bolorés des champs. - Assécher le marigot nuit aux crocodiles ( à Saint-Pons il y a encore un piquet Gilles et John chaque samedi). - la corruption à...

NPA Béziers solidarité avec LFI

Le NPA Béziers, solidaire de la France Insoumise Après les événements qui se sont déroulés à Lyon le 12 février 2026, la classe politique dominante et médiatique a concentré toutes ses forces pour acculer la France insoumise. La droite extrême et l’extrême droite...

Le mot de Thierry Mathieu

Mercredi dernier avait lieu le débat des municipales à Béziers. Quatre grandes questions étaient posées aux candidats. Quatre sujets essentiels pour l’avenir de notre ville.J’y suis allé avec une intention simple : répondre. Dire où nous en sommes. Dire ce que je...

Le Printemps de Béziers // Communiqué de presse : Ciné-essai

Bonjour, veuillez trouver notre communiqué de presse : " Oui, nous installerons une salle de cinéma ciné-essai à Béziers ! Une pétition circule pour demander à ce que Béziers se dote d’une salle de ciné-essai en centre-ville et Le Printemps de Béziers souscrit...

Au bout du fil de la presse libre

Des médias pour s'armer contre l'extrême droite

 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1066333
Total Users : 1066333

lundi 23 février 2026, 0:54

Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers