Le Pacte Européen sur la migration et l’asile est entré pleinement en vigueur ce 12 juin 2026. L’Europe a donc fait un choix, celui de tourner le dos à la convention de Genève de 1951 qui vise à assister et à protéger les victimes des guerres et des conflits internes et énonce les droits des personnes déracinées, ainsi que les obligations juridiques des États pour assurer leur protection.
En bafouant et en trahissant cette convention, elle met en place au contraire une politique de « non-accueil » face aux personnes migrantes qui fuient leur pays pour des raisons qui leur appartiennent (guerres et conflits, persécutions en raison de la race ou du genre, crises climatiques, pauvreté ou tout simplement quête d’un avenir meilleur).
Et ce choix est honteux ! Le tout dans un seul objectif, visiblement partagé à l’échelle des Vingt-Sept : empêcher les migrants d’atteindre le sol européen, considérant qu’il serait plus difficile de les en faire partir ensuite.
Mais plus rien ne m’étonne car le droit international et la dignité humaine ont vocation depuis quelques années à ne plus être respectés !

En parcourant les 10 articles de ce texte, on reste ébahi par le retour en arrière de cette Europe qui se voulait un exemple concernant les droits de l’homme et le respect du droit international. Il porte en effet un coup dévastateur au droit d’asile, alors même que le monde a plus que jamais besoin que l’Europe défende les droits humains. Pauvre de nous !
Désormais, les nouvelles règles réforment en profondeur la manière dont l’UE gère ses frontières, traite les demandes d’asile et aborde le partage des responsabilités entre les États membres. Elles permettent aux gouvernements de prendre des décisions précipitées et de limiter les garanties dans le traitement des demandes d’asile, tout en augmentant le recours à la détention et sa durée.
Difficile de ne pas entrevoir les multiples violations des droits fondamentaux et des droits humains que ces politiques vont engendrer. Des personnes pouvant prétendre à l’asile en raison de craintes personnalisées pourraient être déboutées à la suite d’une procédure accélérée qui n’aura pas permis d’étudier correctement leur histoire et les menaces pesant sur elles dans leur pays d’origine. Elles pourraient être enfermées dans un centre dit « de retour », et renvoyées dans leur pays, où la mort peut les attendre, ou dans un pays tiers par lequel elles auraient transité ou avec lequel l’UE aurait noué un partenariat.
La logique est implacable et des plus cruelles. Désormais, il s’agit de moins accueillir mais également de plus expulser ! L’objectif est de garder les personnes exilées toujours plus à distance, loin de nos frontières mais aussi de nos principes de fraternité et de solidarité censés être chers à l’Union européenne.
L’extrême droite est ravie et la droite européenne en signant ce pacte de Faust se couvre de honte. Car c’est bien la stratégie du bouc émissaire et l’épouvantail de l’« envahisseur » que ce pacte officialise. Qu’on se le dise !
























