Nous étions, sans le savoir, durant quelques décennies, empoisonnés par les produits des industriels. Sous la pression des associations, des citoyens et de pas mal de scientifiques, on a su.
La France et l’Europe se sont réveillées en criant « holà la faut faire quelque chose ».
Ils se mirent à nous raconter de belles histoires pour un monde plus respectueux de la biodiversité, de la santé publique… certains y ont cru.
Ils prirent des mesures puis vinrent les fameuses dérogations (le top revient à Macron) et reculades. Il faut « simplifier les règles environnementales, les alléger ».
Du côté de l’Europe plus de 70 lois sont venues bousiller le « Pacte vert » signé en 2022, et d’autres sont repoussées à plus tard, comme les lois sur la déforestation, le glyphosate…
Entre notre santé, celle de la nature – la vie quoi – et les profits que pouvaient continuer à faire leurs copains, ils n’ont pas hésité : on recule, on repousse, pour laisser le temps aux industriels de réagir aux soi-disant injonctions des pouvoirs politiques. Leur laisser du temps pour se convertir à des pratiques vertueuses alors qu’ils savent très bien qu’ils nous empoisonnent.
Les exemples sont trop nombreux pour les citer tous. Et la plupart d’entre vous ont en mémoire la loi Duplomb par exemple qui vise à lever « les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » en ré-autorisant l’acétamipride, un pesticide toxique, et en facilitant l’agrandissement des bâtiments d’élevage et les projets de méga-bassines.
La pétition de plus d’un million de personnes demandant son annulation en dit long sur la prise de conscience des citoyens qui manque à nos gouvernants.
Autre exemple avec ce que nous apprend la cellule d’investigation de Radio France : une loi portée par le député écologiste Nicolas Thierry et adoptée le 27 février 2025 qui consistait à faire contribuer les industriels émetteurs de PFAS (au moins 200 entreprises) et à renvoyer cet argent sur les communes devant dépolluer leur eau voit sa mise en œuvre sans cesse reportée !!
Finalement après l’avoir programmée pour le 1er mars 2026 Bercy repousse encore de plusieurs mois. Motif invoqué : offrir davantage de « visibilité » et de « sécurité juridique » aux industriels.
In fine, alors que les recettes de la taxe étaient évaluées à environ 21 millions d’euros si la mesure était entrée en vigueur en octobre 2025, dont plus de 16 millions pour la seule usine d’agrochimie BASF, le gouvernement propose de repousser encore l’entrée en vigueur de la loi en… septembre 2026.
Autrement dit, en laissant le temps aux entreprises de réduire leurs rejets et donc d’être moins taxées. Du coup, on est sur environ 5 millions d’euros par an, voire moins avec une entrée en vigueur à l’automne, contre 21 si le décret était sorti à temps.
Bref, l’État qui a besoin de sous, continue à faire des cadeaux aux industriels en privant les collectivités de moyens financiers pour dépolluer et nous assurer une eau potable.
Enfin, manière de se plomber le moral, le syndicat des betteraviers vient de réclamer le retour d’un pesticide interdit en France face à l’invasion précoce de pucerons et souhaite pouvoir utiliser le flupyradifurone en enrobage des semences. On se doute de la réponse du ministère de l’Agriculture !
C’est bon, continuez à nous tuer, nous, on continuera en se mobilisant, d’essayer de sauver notre peau.

































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