Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage observait Molière dans les Femmes Savantes. Telle pourrait être l’impression ressentie à la réception de la convocation d’une commission de sécurité incendie à la Cimade le 1er juin dernier. Il faut dire que le contexte était plutôt angoissant puisque le Barnabu venait de vivre la même aventure avec une obligation de travaux impossibles à mettre en œuvre, entraînant une fermeture inéluctable du café associatif…
C’est donc non sans appréhension que nous avons vu arriver le capitaine des pompiers et son acolyte, un représentant de la municipalité et deux agents de sous-préfecture. Le ton fut poli mais inamical. Après une courte présentation, ont été réalisées la consultation du registre de sécurité, une visite des locaux, une réunion à huis clos sans la présence de La Cimade puis l’annonce du verdict : avis défavorable à la poursuite de l’activité. Un mois de délai pour « traiter les non-conformités constatées ».
Cette sentence fut difficile à accepter tant les difficultés liées aux locaux sont prégnantes depuis des années pour les équipes de la Cimade. Le doute s’est donc installé mais l’énergie et le courage ont pris le dessus. La liste des 15 points à améliorer fut donc analysée et la machine s’est mise en route : trouver un bureau de contrôle pour vérifier les appareils de cuisson des cuisines, un autre pour donner son avis sur la sécurité des plafonds.
Et puis : trouver des artisans pour réaliser des travaux d’électricité, refaire tous les plafonds des bureaux et des cuisines, modifier l’alarme, installer une vanne à la chaufferie, réaliser un plan du système hydraulique. Parce que vous ne le saviez pas mais dans un Établissement Recevant du Public il est fondamental qu’un plan de la chaufferie et de tous les tuyaux qui s’en échappent soit affiché !
Et puis : installer un défibrillateur, organiser une formation aux risques d’incendie, mettre en place un exercice d’évacuation… Et puis : vider tous les bureaux, s’installer dans la grande salle, organiser l’accueil des personnes dans un déménagement permanent…
Et là l’idée que l’on pût croire de trop mais qui fut géniale : pourquoi ne pas profiter des bureaux vides pour les améliorer ? Comme si le bazar ne suffisait pas, le chantier s’est élargi : acheter du placo et des boîtiers électriques, de l’enduit et de la peinture, appeler tous les copains pour venir nous aider. Au milieu des artisans, les mains d’amateurs se sont activées pour refaire la cuisine, plaquer les bureaux, repeindre tout cela… Et le petit miracle eut lieu ! Un mois plus tard, les conditions de sécurité ont été validées par ceux-là mêmes qui menaçaient de nous fermer pour notre combat contre la construction d’un Centre de Rétention à Béziers.
Venez les amis, venez à la Cimade, les conditions de sécurité sont bonnes et les bureaux sont tous neufs. Venez lutter, venez rencontrer les migrants de toute la terre, venez constater que nous tenons à notre outil de travail, que la solidarité n’est pas un délit, que la lutte contre les politiques actuelles a un coût mais demeure essentielle. Venez réinventer le monde et faire l’expérience avec nous que Nietszche avait raison : tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
Tout cela a évidemment coûté un petit billet puisque 20000 € ont été nécessaires pour financer l’ensemble des travaux. Un appel à soutien est donc lancé et tous vos dons (défiscalisables bien entendu) sont les bienvenus !
Contactez-nous : cada.beziers@lacimade.org ou au 04 67 76 36 45



























