Le regretté Edgar Morin avait avancé ce concept comme espace permettant de se retrouver, de réfléchir mais aussi simplement de vivre.
Ce besoin de lieu est particulièrement sensible à Béziers et paradoxalement ne semble pas être identifié comme central par les acteurs de la résistance à la main mise par Robert Ménard sur la ville.
Il y a bien des espaces de contre-culture mais ils sont atomisés. Par ailleurs, ils ne permettent pas d’accueillir un public important, ne disposent pas d’équipes de bénévoles nécessaire pour assurer leur ouverture régulière et pas uniquement lors d’évènements.Et comme on vient de l’apprendre avec la fermeture du café associatif « Barnabu », ces petits lieux peuvent être victimes de ce que l’on pourrait appeler une précarité réglementaire qui les met à la merci du bon vouloir du maire.
Suite à la fermeture administrative de ce lieu pour différentes non-conformité- en matière d’installation électrique et de sécurité notamment – l’un des responsables du « Barnabu » déclare au journal local : « Nous sommes une association qui fonctionne sans subvention, grâce à l’engagement des bénévoles et des adhésions. Nous, ce qu’on aimerait, c’est être soutenu et accompagné par la mairie. Nous ne savons pas si nos finances nous permettent d’engager les travaux. Il va falloir faire venir une entreprise pour les devis, et on verra en fonction du coût (…)».
Au-delà de l’appel au soutien de la mairie qui, on l’espère, n’est qu’une figure rhétorique, on ne lit ici aucun appel à la solidarité, à la mobilisation pour sauver le lieu, à, par exemple, un chantier participatif pour mettre au norme les espaces. Il y a bien dans toutes les associations quelques personnes qui savent quoi faire de leurs dix doigts !Non, on attend des devis d’entreprises.
Peut-être que des artisans seraient solidaires et apporteraient matériel et savoir-faire ?
Ainsi dans le même numéro du Midi Libre du 7 juin, on apprend que le CAC de Lignan sur Orb est rénové par des bénévoles avec le matériel offert par des entreprises du bâtiment, le repas étant assuré par la boucherie du coin.
Si nous voulons construire une résistance face à l’extrême droite dans cette ville il faut retrouver ce sens de l’auto-organisation, de la mobilisation des compétences pour créer et faire vivre ces oasis de fraternité.
Ceci est vrai pour le « Barnabu » mais aussi pour la Cimade qui reste le seul lieu à pouvoir accueillir un public important, mais qui est menacé par sa vétusté.






























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