Un bilan carbone catastrophique, des milliers de kilomètres entre les pays organisateurs, des stades climatisés, des températures extrêmes qui devraient exclure toute activité sportive, cinq semaines de compétition en plein été… Le football professionnel est devenu une machine à fric indifférente à la planète, ainsi qu’aux joueurs et spectateurs.
Après les 6500 travailleurs migrants morts sur les chantiers du mondial 2022 au Qatar, la coupe du monde 2026 est bien partie pour battre d’autres records de la honte.
La coupe du monde de football ce sont des droits télévisés qui explosent, des calendriers et des horaires faits pour les diffuseurs, des joueurs ramenés au rôle de gladiateurs, des matchs pour touristes friqués, des téléspectateurs transformés en consommateurs.
La messe du football industriel ne doit pas faire oublier qu’un autre football existe.
Il existe depuis longtemps et résiste au capitalisme.
Pendant la Première Guerre mondiale, des ouvrières des usines d’armement anglaises fondent leurs propres équipes de football. Elles jouent devant des dizaines de milliers de spectateurs et fondent leur propre ligue en décembre 1921.
Après l’Anschluss de mars 1938, un attaquant autrichien provoque les dignitaires nazis.
Dans les années 1970/1980, en pleine dictature au Brésil les joueurs du club de première division du Sporting Club Corinthians pratiquent une forme d’autogestion. Joueurs, masseurs, entraineurs, chauffeurs de bus votent ensemble toutes les décisions à égalité de voix. Ils floquent le slogan « Democracia » dans le dos de leur maillot et s’engagent dans le mouvement « Diretas Jà » pour des élections libres.
Dans les années 1990 en Angleterre, des associations de fans s’opposent aux propriétaires, reprennent financièrement leur club ou en créent de nouveaux.
En ce moment en Espagne, l’Unionistas de Salamanque, club de troisième division, est géré par près de 5000 socios sans aucun actionnaire privé.
Le Clapton Community FC de Londres est un club antifasciste de dixième division.
En Argentine, le collectif féministe « La Nuestra » revendique une pratique libérée du sexisme et de l’esprit de compétition.
En France, la FSGT (Fédération sportive de gymnastique du travail) héberge des clubs comme les « Dégos », majoritairement composé de lesbiennes et de trans, « Melting Passes », un club composé de mineurs étrangers et d’étudiants en droit.
Le « Ménilmontant 1971 FC » à Paris évolue dans le championnat de la Fédération française de football (FFF). Il est autogéré, autofinancé, fonctionne en assemblée générale. Son slogan « Love football, hate racisme » annonce la couleur.
Pour tous ces passionnés, l’accaparement du football par les obsédés de la rentabilité n’est pas une fatalité.
Au moment de la grande messe planétaire du foot spectacle et business, qu’ils en soient remerciés.
Pour celles et ceux qui aiment le football populaire, plusieurs ouvrages viennent de paraître : une BD intitulée « Une histoire populaire du football » et 4 livres : « Ce que le football est devenu », « Foot manifeste », « Atlas du football populaire », « Latéral gauche ». Vous pouvez vous en inspirer pour faire vivre l’autre football.
























