Édito – Toutes les formes possibles de corruption

par | 12 juillet 2026 | Edito

Mis en cause dans le cadre d’une accusation d’agression sexuelle, Dominique Strauss Khan ne s’était pas présenté à l’élection présidentielle de 2012. François Fillon, après s’être maintenu à l’élection de 2017  a été définitivement condamné en 2025 à 5 ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. Elu président en 2012, Nicolas Sarkozy a été condamné plusieurs fois, notamment pour association de malfaiteurs dans le procès dit lybien, auquel ont été ajoutés en appel les autres chefs d’accusation de corruption, recel de détournement de fonds et financement illégal de campagne. Marine Le Pen vient d’être condamnée pour avoir orchestré le détournement de 2,8 millions d’euros des caisses du Parlement européen en vue de financer des emplois fictifs d’assistant.es parlementaires.

L’absence de probité et de moralité règne en maîtresse dans la classe politique.

Le sentiment d’indignité soulevée par l’affaire dite lybienne et le pacte de corruption qui aurait été établi par Nicolas Sarkozy et son entourage avec les responsables de l’attentat du DC-10 d’Uta en 1089, est sans commune mesure. Mais le détournement de fonds publics est une atteinte par destination bien réelle qui pèse sur nos bourses et a financé un parti politique à l’insu des citoyens et des citoyennes. Sur notre prochaine feuille d’impôts il ne faudra pas hésiter à demander en case 7UH une réduction pour financement du Rassemblement national. 

La Cour d’appel de Paris a réduit la peine d’inéligibilité de 5 ans que Marine Le Pen encourait en première instance à 15 mois, lui laissant la possibilité de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Cette indulgence des juges de la Cour d’appel eu égard aux actes de la cheffe de file du RN, en dit long sur l’inégalité des citoyen.nes face à la justice, mais aussi sur l’effet de sidération provoqué par l’extrême droitisation du débat. On n’ose plus rendre la loi au prétexte de laisser aux citoyen.nes  la possibilité ou non d’élire une représentante politique corrompue, comme si l’élection présidentielle présidait au contrat social. On peut y voir enfin les derniers soubresauts d’une 5ème République qui aura toujours accordé plus d’importance aux cheff.es de parti, dussent-ils et elles être indignes, qu’aux programmes politiques.      

Il est grand temps de donner tort à l’écrivaine Doris Lessing : « Ce qui me met en colère, c’est que plus personne n’est en colère ! Les gens sont prêts à tout avaler aujourd’hui. Nous acceptons toutes les formes possibles de corruption, et c’est très dangereux. » 

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