Fin mai, 12 sommités juridiques avocats, juristes, magistrats de profession rédigent conjointement une tribune sur Médiapart, elle est intitulée : le couple de Béziers et R. Ménard, une affaire d’État (*). Le titre de leur tribune dit tout de la nécessité de faire barrage à la croisade idéologique du maire de Béziers et du niveau où cette bataille doit être menée.
La violence du sac de Béziers en 1209 lors de la croisade des albigeois fait consensus en France.
La violence du refus de mariage d’Eva et Mustapha en 2023 à Béziers est, elle, banalisée. C’est pourtant une opération politique marquante de la croisade idéologique de R. Ménard.
Cette banalisation est regrettable, car le maire de Béziers agit comme le légat du pape en 1209.
Un légat du pape version 2026 qui a le soutien du côté du ban et de l’arrière-ban de l’armée des croisés idéologiques de la droite extrême et de l’extrême droite.
Darmanin est venu à Béziers, officiellement pour les prisons (judiciaire, sanitaire et administrative), politiquement pour soutenir publiquement R. Ménard.
Son déplacement comme ministre de la justice vaut comme caution judiciaire.
Il faut dire que le maire de Béziers risque gros lors de son jugement le 30 septembre prochain.
Pour ce procès à venir, les avocats, juristes, magistrats, de la tribune citée précédemment nous disent un fait essentiel : « le maire n’est pas tenu de privilégier une décision individuelle de l’administration (refus de séjour, Obligation de Quitter le Territoire Français, OQTF) sur la liberté fondamentale du droit au mariage ».
Ils rajoutent : « le droit au mariage est reconnu comme principe constitutionnel et conventionnel qu’il est chargé, en tant qu’élu républicain de faire respecter ».
Si des sommités juridiques nous disent que le maire de Béziers est dans l’illégalité, il serait aberrant de ne pas faire son procès le 30 septembre prochain (jugement du refus de mariage d’Eva et Mustapha).
Nous avons souvent évoqué dans ces pages la nécessité de se doter d’une cellule nationale de veille juridique unitaire qui associe partis, syndicats et associations.
Une cellule de veille qui aurait pour fonction de déterminer dans un premier temps si des actions juridiques peuvent être menées et gagnées.
Puis dans un deuxième temps d’être collectivement instruites.
Nous avons évoqué cette nécessité par le fait que le maire de Béziers était un des porte-étendards de la croisade idéologique nationale de l’extrême droite.
Cette nécessité, est aujourd’hui réaffirmée par la tribune de Mediapart. Elle l’est aussi par la garantie d’emprunt accordée par la mairie de Béziers à plusieurs établissements d’enseignement privé primaire et secondaire de la ville.
La question de la légalité de cette garantie d’emprunt est posée. Il faudrait là aussi pouvoir y répondre au travers d’une cellule de veille juridique.
Si nous ne menons pas collectivement ce travail de mobilisation contre les croisés et leur légat, nous prenons le risque de nous retrouver face à d’autres interdictions :
- Les interdictions de mariage en France pour les personnes étrangères, préférence nationale oblige
- Les interdictions de mariage avec des résidents des DOM-TOM, intérêt métropolitain oblige
- L’interdiction de mariage avec des prisonniers, présomption de culpabilité oblige
- L’interdiction de mariage avec des « sans-dents », ordre économique oblige
- L’interdiction de mariage avec d’autres confessions, ordre religieux oblige . . .
Pour ce qui est de l’exclusion des couples du même sexe de l’institution du mariage, le maire de Béziers et l’ex-députée se sont déjà mobilisés dans le cadre de la manif pour tous.
(*) Vous pouvez retrouver l’intégralité de la tribune publiée fin mai dans le blog de Mediapart en inscrivant son titre : le couple de Béziers et R. Ménard, une affaire d’État, dans le moteur de recherche de notre site.































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